Saul Williams a manifesté très tôt un goût pour l'art sous diverses formes. Il apprécie particulièrement la poésie et après des études de Philosophie à Atlanta, il se dirige naturellement vers New York afin d'apprendre le métier d'acteur. C'est à cette periode qu'il s'est fait connaître lors d'open mic sessions dans quelques uns des lieux cultes dédiés au Slam, comme le Nuyorican Poets Cafe. Mais il est véritablement découvert grâce à Slam(1998), un film co-écrit avec Marc Levin, qu'il interprète. Ce long métrage a obenu de nombreuses récompenses, comme la Caméra d'Or à Cannes. Il retrace le parcours initiatique d'un jeune prisonnier vers l'univers poétique et familiarise alors le public avec le spoken word.
Parallèlement, il continue d'écrire. Trois recueils ont été publiés à ce jour, The Seventh Octave en 1997, She en 1999, et ,Said the Shotgun to the Head en 2003. Il apparaît donc comme un artiste atypique dans le mimieu du Hip Hop, refusant de s'inscrire dans les archétypes traditionnels. C'est en 2001 qu'il livrera son premier album solo, Amethyst Rockstar, après avoir collaboré avec différents artistes tels que KRS-1 ou De la Soul et contribué au classique underground de chez Rawkus Records, Lyricist Lounge Vol.1. Son univers est imprégné de différentes influences, et il manifeste la volonté de proposer un son expérimental. S'il a attendu si longtemps pour nous offrir cette première oeuvre musicale en solo, c'est que sa passion pour les mots était telle qu'il ne désirait pas les voir pervertis par l'usage de sonorités. Pour cela, il s'est principalement cantonné dans le Spoken Word et la poésie écrite pendant plusieurs années.
Pour ce premier disque, il est épaulé par Rick Rubin (l'un des fondateurs de Def Jam avec Russel Simons) à la production et nous offre un opus aux sonorités complexes, oscillant entre Drum n' Bass et Rock. Les instrumentaux mêlent parties jouées par son groupe et breakbeats de DJ. Les textes sont évidemment le point fort de cet album, Saul Williams aborde avec talent des thèmes variés, de la responsabilité du père dans la communauté noire sur Our Father, aux problèmes culturels américains sur Om Nia Merican. Amethyst rock Star ne sonne définitivement pas comme les productions Hip Hop de l'époque, ce qui n'est pas un hasard, puisqu'il condamne les stéréotypes qui gangrènent le genre, en particulier sur le morceau A Penny for A Thought. Dans la lignée d'artistes comme KRS-One, RAKIM ou encore Public Enemy, il n'hésite pas à exposer ses convictions politiques, et insiste fortement sur l'éducation de la jeunesse noire Américaine.
L'orientation musicale de ce disque a certainement dérouté plus d'un auditeur, en particulier les "puristes" du Rap et plus généralement les adeptes de morceaux aux structures formatées. Néanmoins, il peut être considéré comme l'un des précurseurs de l'ouverture du Hip Hop à des tendances nouvelles. Il n'est pas étonnant que, quelques années après, soient arrivés dans les bacs des albums comme Electric Circus de Common, ou plus récemment The New Danger de Mos Def, qui offrent des sonorités innatendues et tentent d'élargir la palette musicale de leur genre.
En mars 2003, associé au collectif Not In Our Name, il a sorti l'EP Not In My Name chez Ninja Tune, en écoute ici . Le premier titre Pledge of Resistance est un enregistrement de discours dans lequel il met son talent poétique au service de l'opposition à la guerre en Iraq, aux dérives sécuritaires et à la politique du gouvernement Bush dans sa globalité. Ensuite, sur September 12th, morceau aux accents Hip Hop obscur, et Bloodletting à l'ambiance Drum n' Bass, il met en musique ce que lui inspire la politique Américaine depuis le 11 septembre. Cet EP contient aussi trois remixes de Pledge of Resistance.
Plus de deux ans après sa sortie, ce Not in My Name reste l'une des expressions les plus sincères d'un artiste américain contre cette guerre.
Plus récemmment, en manifestation de son soutien aux victimes de l'ouragan Katrina, il a écrit When The Storm is Forgotten à lire sur la page d'accueil de son site. Il y condamne le manque de réaction et appelle au devoir de mémoire qu'impose ce triste évènement.
Son second LP intitulé Saul Williams est sorti en 2004 sur le label du magazine Fader. Il reste fidèle à sa formule, Spoken Word posé sur des instrumentaux aux influences diverses. Il est toujours préoccupé par l'état de la culture Hip Hop, sujet au centre de nombreux titres. Grippo, second morceau de l'album dresse un constat pessimiste de l'état du genre, évoquant les relations existantes entre race et musique. Ce morceau est d'ailleurs une synthèse de la relation entre blancs et noirs dans la musique populaire américaine. Son flow se pose de façon caricaturale sur un beat aux accents Rock n' Roll. Sur P.J., il égratigne le Gangsta Rap et ses clichés les plus répandus, faisant une référence à 50Cent. Dans Telegram, il s'adresse au Hip Hop, en dénonçant de façon métaphorique les excès caractérisant le genre.
Hormis Talk to Strangers et Seaweed qui rappellent Amethyst Rock Star, les autres morceaux révèlent une écriture plus spontanée. Le message devient plus important que la manière de l'exprimer, comme sur Act III Scene 2 (Shakespeare) avec Zach de la Rocha en invité. Dans African Student Movement, il n'emploie que des mots juxtaposés au lieu de phrases construites pour transmettre son point de vue.
Même s'il a reçu de moins bonnes critiques que le précédent LP en raison de l'inévitable comparaison entre les deux, il reste un disque ambitieux qui se démarque indéniablement de ce qui se fait actuellement. Peut-être influencera t-il des artistes dans quelques années... Peu importe, Saul williams continue son exploration artistique et c'est cela qui est important. Pour se rendre compte, il est possible d'écouter des extraits du disque sur son site et de visionner quelques clips, dont celui de Black Stacey, excellent morceau.
Il s'est déjà produit cette année à de nombreuses reprises en France, notamment à L'Elysée Montmartre en avril 2005. Mike Ladd avait assuré la première partie de ce show durant lequel Saul a électrisé le public, seul sur scène avec un DJ et son micro dont il s'est parfois même passé. Le voir en live est le meilleur moyen d'apprécier toutes les qualités de cet artiste au charisme saisissant. Pour vous faire une idée, il repassera un peu partout dans le pays en décembre. Le concert parisien aura lieu au Nouveau Casino, salle qui nous offrira quelques bons moments cet automne, avec entre autres le concert de Jay Dee, J-Rocc et Phat Kat le 27 novembre.
Ecrit par : JiGGy PLuFF | mercredi, 28 septembre 2005
Voici une personne que même sans connaitre j'apprécie dèjà car tu aimes Saul Williams.
Je viens de créer un Blog ,c'estqu'un début ou tu peus t'exprimer sur ce que tu aimes dans la culrure noire -Américaine Holla !!! Voici le site www.centerblog.net et mon blog blackbodyandsoul.A+
Commentaires
Je vois que t'es new alors voilà un ptit +5 pour t'encourager
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Ecrit par : JiGGy PLuFF | mercredi, 28 septembre 2005
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Ecrit par : Julie6July | vendredi, 05 mai 2006
thanks Greta.
Ecrit par : Greta | samedi, 20 mai 2006
Telefon Erotik
Ecrit par : Telefon Erotik | samedi, 17 juin 2006
Cam
Ecrit par : Cam | dimanche, 10 septembre 2006
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