mardi, 13 décembre 2005

Retour sur les concerts Funk et Hip hop du mois de novembre à Paris

Voici un retour (un peu tardif) sur les nombreux concerts vus lors de ce mois de novembre 2005 riche en Soul, Funk et Hip Hop dans la capitale.
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GETTING UP FESTIVAL LES 9 ET 10 NOVEMBRE

Les festivals de Hip Hop dans la capitale sont assez rares, et ceux qui ont en mémoire le fiasco Hip Hop Don't Stop à Bercy en 2004 ne s'en plaindront sûrement pas. Cependant, les choses étaient assez différentes ici, puisque cela se déroulait cette fois à l'Elysée Montmartre et en partenariat avec Hip Hop Resistance, qui nous a offert de grands concerts ces dernières années.

Nous nous intéresserons ici aux performances des artistes américains, à savoir Scratch et The Alkhaoliks le 9 novembre, mais surtout Le crew D.I.T.C. et Public Enemy le 10. A noter que N.O.R.E. qui devait être là le 9 et Biz Markie qui devait assurer l'after du 10 au Bataclan ne sont pas venus.

Scratch, le Beat-Boxer membre des Roots, nous a présenté une performance originale, samplant sa propre voix en direct pour se créer un beat, pour ensuite se poser dessus. Tout simplement impressionnant. Son premier album solo, The Embodiment of Instrumentation, l'est d'ailleurs aussi, puisque les instrus sur lesquels ses nombreux invités prêtent leur voix sont presque exclusivement assurés par son beat-box. Probablement le meilleur moment de cette première soirée.

Pour clore ce premier jour, le trio californien The Alkaholicks, composé des Mcs Tash et J-Ro et du Dj E-Swift, a livré un show dans l'esprit du groupe, bières à la main, et jeunes filles sur scène pour le dernier morceau, Best U Can. Malgré un univers assez restreint, leur show était bien rôdé et entrainant, même si l'on peut dire que le public n'a pas été très réactif à leur prestation.

 

Le bilan de cette première soirée était globalement positif, sans pour autant être exceptionnel. Mais voilà, la deuxième soirée allait nous offrir un show que l'on peut qualifier d'anthologique, avec les performances du D.I.T.C. et de Public Enemy.

 

Après une première partie assurée par Al Peco, ayant eu la lourde tâche de mettre le public dans l'ambiance, le D.I.T.C. a investi la scène de l'Elysée. Représentés par O.C., Lord finesse, A.G., Diamond D, ainsi que DJ Roc Raida, l'un des magiciens membre des X-Ecutionners, ils ont été fidèles à leur réputation . Les meilleurs morceaux du crew et des membres en solo y sont passés, mixés par un Roc Raida en grande forme. Rien à redire, vraiment une prestation de qualité. De plus, la soirée était alors loin d'être finie, le meilleur restait encore à venir...

Contrairement à ce que les pessimistes prédisaient, Public Enemy s'est bien présenté au public de l'Elysée Montmartre au grand complet pour achever ce Getting Up Festival, et ce de la plus belle des manières.

Accompagnés de très bon musiciens (batterie, basse et guitare) et d'un DJ performant (Lord, successeur de Terminator X) les vétérans de P.E. ont livré un show énorme. L'infatigable Chuck-D a littéralement porté le groupe, aidé par Flavor Flav plus déjanté que jamais, et dans une moindre mesure par Professor Griff, nettement plus éffacé. Les deux représentants des S1-W présents ont ajouté au jeu de scène par leurs chorégraphies à base de pas militaires et de maniement de sabre. La plupart des titres qui ont fait leur histoire ont été interprétés, parmi lesquels 911 is a Joke, Fight The PowerWelcome to The Terrodome ou encore Shut Em' Down, à chaque fois accueillis par les cris du public. Leur prestation mêlant Hip Hop et Rock a emprunté l'énergie commune aux deux genres, pour un résultat impressionnant, nous rappelant par la même occasion qu'ils n'ont cessé depuis leurs débuts de fusionner ces genres.

Même s'ils sont toujours aussi hostiles aux pouvoirs en place (Bush au premier plan et Chirac pour l'occasion), ils sont apparus plus apaisés qu'auparavant. Chuck-D, porteur d'un message lucide sur les débordements qui avaient lieu en France, pointait notamment du doigt les média Anglo-saxons et leur traitement plus que douteux de l'information.

Visiblement heureux de revenir à Paris, le groupe toujours par l'intermédiaire de Chuck D, a témoigné son affection au public français, à qui un grand moment a été offert. Ce show a été clos par une démo à la batterie d'un Flavor Flav intenable, qui s'était jeté dans la foule quelques temps auparavant, et qui à l'instar de Chuck D n'a rien perdu de son énergie.

 

Un pari risqué mais tenu pour Hip Hop Résistance et les autres organisateurs qui nous ont offert un festival globalement reussi, même s'il est vrai que les meilleurs moments ont eu lieu le second soir.

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 MACEO PARKER LE 20 NOVEMBRE.

C'est dans un Bataclan qui affichait complet que le saxophoniste de génie s'est présenté à son public parisien. Pendant plus de deux heures, ll a livré une performance impressionnante, alternant judicieusement entre une présence valorisant le reste du groupe, des moments chantés, et les fameux solos de saxo qui donnaient la certitude de n'avoir rien perdu avec les années.

 Il a offert au public différents hommages, comme celui à James Brown avec Pass the Peas et celui à George Clinton avec la reprise du célèbre refrain de Mothership Connection, n'oubliant pas ceux avec qui il a pu partager ses premiers moments sur scène. Pour l'occasion notons que Maceo s'était d'ailleurs entouré de Marta High, célèbre choriste de James qui partagait avec force, malgré sa prestation restreinte l'énergie des musiciens. Il a également rappelé en mémoire le célèbre Georgia de Ray Charles, paré de ses lunettes noires, il a interprété le morceau de façon fidèle à la prestance de l'artiste. A relever aussi la présence de son fils Corey qui reprend à sa manière la tradition familiale, ses apparitions amenant une note hip hop aux rythmes funky de son père. Il nous a également gratifié d'extraits de son dernier album, School's In, comme Advanced Funk ou encore To Be or Not To Be, qui a bénéficié d'une mise en scène amusante, une des membres du staff venant déclamer en costume des fameux vers de Shakespeare.

Le groupe époustouflant, à l'image de leur leader, a fait preuve d'une maitrise extraordinaire, due en grande partie à l'experience de Geg Boyer (trombone), et à l'énergie inépuisable du clavier. Tout était donc parfaitement orchestré pour un show à la hauteur du talent de cette légende du funk.

    

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GWEN McCRAE LE 22 NOVEMBRE

Gwen Mc Crae fait partie des artistes qui malgré un relatif silence discographique continuent de faire exister la soul et de donner du plaisir sur scène au public. Elle a assuré sa cinquième apparition cette année dans la capitale ce 22 novembre à la Scène Bastille, après ses passages au New Morning en juillet (une prestation qu'il faut relever puisqu'elle donnera lieu à la sortie prochaine d'un cd live). On l'a également retrouvée auprès des JB Divas et de Roy Ayers (lors de la première édition des Groove And Funky Nights au Bataclan). Elle est toujours accompagnée du même groupe, The Soul Power All Stars, qui a suivi cette année des légendes du Funk et de la Soul, les JB Divas, la defunte Lyn Collins ou encore Pee Wee Ellis, et qui contribue d'ailleurs largement à la qualité des shows.

C'est dans une salle presque trop remplie qu'elle est arrivée pour livrer au plublic une performance énergique. Sa voix rauque et éraillée rappelant parfois celle de de James Brown nous replonge dans la soul des années soixante, elle se pose magnifiquement sur des titres comme 90% of me is you, que la salle entonne volontiers. Gwen Mc Crae chante avec force devant le regard complice des musiciens qui servent totalement sa performance.C'est avec une émotion non dissimulée qu'elle recoit les manifestations chaleureuses du public à l'écoute de ses morceaux. Un concert agréable, qui démontre les qualités intactes de la Queen of Rare Groove.

Infatigable, elle a promis de revenir dans la capitale dès l'année prochaine. D'ici là, son premier album live enregistré cette année au New Morning sera sorti, pour le plaisir de ses admirateurs, particulièrement ceux qui ont eu la chance d'être à ses concerts.

 

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J-DILLA, DJ RETHMATTIC, PHAT KAT, FRANK N DANK LE 27 NOVEMBRE

Malgré un état de santé plus que préoccupant ces derniers temps, Jay Dee a tenu à assurer sa tournée en Europe. C'est donc dans une atmosphère chargée en émotion qu'il s'est présenté au Nouveau Casino en chaise roulante, très amaigri et visiblement souffrant. Beaucoup de choses concernant ses problèmes de santé ont circulé sur le net ces derniers temps, et même s'il est difficile de savoir ce qui est vrai ou pas, il est évident qu'une personne dans son état devrait se soigner et se reposer plutôt qu'assurer une tournée. Cependant, si sa volonté est d'être auprès de son public, on ne peut que la respecter, et saluer son courage.

Après  la première partie assurée par Dj Gero, c'est DJ Rethmattic, membre du groupe The Visionnaries qui par son talent nous a fait oublier l'absence de J-Rocc, initialement prévu pour cette soirée. Son set, durant lequel il a fait apprécier sa technique sur quelques classiques du Hip Hop, a ouvert cette soirée de belle manière. Frank N Dank suivis de Phat Kat sont ensuite arrivés, et même s'ils ne sont pas des bêtes de scène, l'énergie déployée et leur émotion apparente ont largement éffacé les lacunes techniques de leur prestation.

Ensuite, à la demande de l'organisateur, la foule s'est scindée en deux pour faire place à Jay Dee, accompagné de sa mère venue le soutenir. Son arrivée a constitué le moment le plus fort du concert, le public l'applaudissant sans cesse pour lui témoigner son affection et son soutien, certains d'entre nous ne pouvant s'empêcher de verser une larme. Encore une fois, son courage est à souligner, puisque il est resté plus de 30 minutes sur scène à poser sa voix sur des extraits d'innombrables morceaux d'anthologie qu'il a offert au Hip Hop, comme ceux qu'il a produit pour Common, A Tribe Called Quest, De La Soul, The Pharcyde ou encore sa récente collaboration avec Madlib, Champion Sound.

Ce concert était un évènement particulier, les mots ne sont pas suffisants pour le décrire, et tous ceux qui y ont assisté ne sont pas prêts de l'oublier. Pour voir de nombreuses photos du show, rendez-vous ici. Evidemment, nos pensées vont à Jay Dee, à qui nous souhaitons de se rétablir au plus vite. Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Hip Hop Résistance pour cette soirée mémorable, et pour tous les shows de qualité qu'ils ont su entreprendre ces dernières années, malgré des moyens que l'on imagine restreints.

 

Si l'ont ajoute à ces évènements le concert de Jaguar Wright relaté récemment, et ceux non vus comme Tower Of Power au Bataclan, on peut dire que le public parisien amateur de ces musiques aura été gâté le mois de dernier, et ceux qui ont vu ces concerts auront de nombreux souvenirs en tête pour longtemps...

 

 

vendredi, 18 novembre 2005

Jaguar Wright au...Canal Opus le 12/11/2005

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C'est donc finalement au Canal Opus que s'est déroulé ce concert initialement prévu au Casino de Paris. Le groupe Kindred qui devait l'accompagner en Europe s'étant désisté, c'est avec Keke Wyatt que Jaguar s'est présentée devant un public parisien restreint. Via son site et son standard téléphonique, le Casino annonçait l'annulation de l'évènement et c'est par hasard que j'ai appris le changement de salle sur le forum du site Only Groove quelques heures à peine avant le début du concert. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'organisation a quelque peu laissé à désirer. En effet, outre la modification de l'affiche, la communication a été quasiment nulle sur ce changement de salle assez surprenant, qui modifie considérablement l'atmosphère du concert. Et vue l'affluence au Canal Opus, on peut imaginer que certains n'ont pas eu accès à la bonne information.

 

Les portes de la salle se sont ouvertes vers 21 heures, mais Jaguar n'est arrivée sur scène que deux heures plus tard...peut-être a-t-elle eu des difficultés à trouver la salle! Entre temps, une chanteuse originaire de Philadelphie prénommée Basheera s'est chargée de faire patienter le public. Accompagnée d'un derbouka et d'une guitare, elle nous a fait découvrir sa voix agréable sur ses compositions et des standards de la soul comme Killing Me Softly. Elle a su créer une complicité avec le public, en partageant sa conaissance (très approximative) de la langue française et en invitant un spectateur a danser avec elle.

 

Aux alentours de 22h30, Keke Wyatt est arrivée sur pour assurer la première partie du show. N'étant pas un inconditionnel de cette chanteuse il est difficile d'évaluer sa performance. Néanmoins, entourée des musiciens de Jaguar, elle a livré une bonne prestation, en simplicité, malgré un micro au volume un peu faible comparé à la musique.

Ce n'est qu'après 23 heures que Jaguar Wright a débuté son show et nous a fait oublier les déconvenues relatives à l'organisation de cette soirée. Voir une artiste de sa qualité, dotée d''une telle puissance vocale, dans un club comme l'Opus, sympathique mais étroit et donc en public restreint, est un réel privilège.

Le set était largement composé d'extraits de son premier opus, Denials, Delusions and Decisions comme The What If's, Stay ou encore Self-Love, magistralement interprété à la demande du public. Elle nous a aussi offert quelques titres de Divorcing Neo to Marry Soul, son dernier album, notamment Free, le premier extrait, qui semble avoir été particulièrement apprécié de certains spectateurs. A l'image de ses lyrics, sa façon de chanter est brute, et lorsque sa voix monte en puissance, c'est davantage pour exprimer ses émotions que pour démontrer ses capacités. Son groupe (batterie, basse, guitare et clavier) était performant, bien qu'ayant semblé manquer d'espace sur scène, il a su orchestrer les morceaux de belle manière.

 Avant de finalement quitter la scène vers 00h30, elle a invité Keke Wyatt à la rejoindre pour un duo sympathique qui a cloturé ce show qui restera mémorable tant pour les conditions difficiles de son organisation, que pour sa qualité et l'ambiance intimiste qui l'a caractérisé. 

 

Pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de la voir en live, voici un extrait du MTV Unplugged de Jay-Z, avec les Roots comme musiciens et Jaguar en choriste de luxe. Une performance remarquée qui a contribué à faire connaître sa voix unique d'un public plus large.

Heart of the City (Ain't No Love)
podcast
 

 

lundi, 17 octobre 2005

Sharon Jones & The Dap Kings: Concert à l'Elysée Montmartre (12/10/2005)

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Généralement, un concert commence par une interminable attente et une première partie rarement de grande qualité... Et bien dans ce cas précis non. Arrivant devant l'Elysée alors que Miss Sharon Jones débutait par How Do I Let A Good Man Down, c'est au pas de course que se sont enchainées les marches menant au devant de la scène. En effet, le show a commmencé avant l'heure indiquée sur les billets. Ayant donc raté la première partie, nous retrouvons l'artiste dans une énergie phénoménale, au milieu d'un des titres phares de son dernier opus. La salle resteinte pour l'occasion et le placement des Dap-Kings groupés près de la chanteuse créent une ambiance intime. Sur scène, Sharon ne fait pas simplement preuve d'un immense talent vocal, elle habite les rythmes que lui offre son groupe, dansant sur toutes les chansons. Elle a d'ailleurs gratifié le public d'une démonstration appréciée des styles qui ont marqué sa jeunesse, passant en revue Boogaloo, Jerk, Funky Chicken, Mashed Potatoes et bien d'autres.

 Le concert était majoritairement composé de morceaux extraits de Naturally, How Long Do I... et Fish In My Dish entre autres, mais on a aussi retrouvé des titres comme Genuine ou Pick it Up, orchestrés par des Dap-Kings totalement à son service, presque éffacés derrière son charisme. Sa présence mérite d'être soulignée, elle "occupe" la scène comme peu d'artistes, par exemple sur Your Thing is a Drag, et il en devient même difficile de détourner ses yeux d'elle, ne serait-ce que pour apprécier la qualité du groupe. Elle nous a aussi offert une interprétation libre de l'immense Respect, restant fidèle au funk des années 60, qui fût peut-être le moment le plus intense de ce concert. Comme à l'acccoutumée, un passage a été consacré à l'expression de son opposition à la politique de son gouvernement sur les titres This Land is Your Land et Taxes, où elle jouera pendant l'intro de ce dernier une rencontre improbable avec Bush.

Le public conquis l'a rappelée par deux fois, et s'il est vrai que le show n'a pas été excessivement long, il aurait été difficile d'en demander plus, étant donnée l'energie dont elle a fait preuve. Sharon Jones nous a montré qu'elle est l'une des authentiques représentantes de le Soul et du Funk aujourd'hui.

Pour une petite idée de la qualité de ses performances scéniques, rendez-vous sur le site de Daptone Records, qui comporte quelques videos et de nombreuses photos live. Ecoutez aussi ce morceau extrait d'un concert à Charlottesville (USA) cette année.

What if we All Stopped paying Taxes
podcast
 

mercredi, 27 juillet 2005

Groove And Funky Night Session 2: George Clinton, P-Funk et Family Stone Experience Live à l' Olympia

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Les Family Stone Experience ainsi que George Clinton et Parliament-Funkadelic se sont donnés rendez vous à l’Olympia le 25 juillet pour une célébration du funk. Le moins que l’on puisse dire c’est que la soirée fut longue… le show a débuté dès 20 heures pour s’ achever à… 2 heures, soit près de six heures de bonheur! Pour préparer le public, une troupe de danseurs Hip Hop déjà présente au Bataclan lors de la première édition a livré une brève prestation, essentiellement constituée d’impros. Ils ont agréablement participé à mettre le public dans le ton énergique de la soirée et à les préparer à la venue imminente des Family Stone chargés de débuter le concert.

Après de nombreuses années, Jerry Martini (saxo) et Greg Errico (batteur), deux des membres fondateurs du groupe se retrouvent autour d’une nouvelle formation comptant notamment la talentueuse Gail Muldrow à la guitare et au chant. Ils reprennent des classiques tels que Dance to the Music et Family Affair. Ils jouent avec une conviction intacte presque deux heures de live, nous replongeant dans le meilleur du funk. Rien à voir avec la formation originale Sly and Family Stone, mais la performance des artistes est vraiment fidèle à l’esprit. Et ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de voir les légendes que sont Martini et Errico sur scène.

Pour une entrée en matière, il était difficile d’espérer mieux…

Trois quart d’heure d’entracte, pour laisser les musiciens de Funkadelic se mettre en place. Le rideau s’ouvre et le mythique Bernie Worrell apparaît aux claviers pour un solo où il livrera notamment une version surprenante de Brother John initiant d’entrée le public à l’univers singulier du P-Funk qui aime jouer de la diversité. Il est rapidement rejoint par Lili Haydn au violon avant que le reste du groupe ne prenne place pour l’intemporel Cosmic Slop et son célèbre riff interprété par Michael Kid Funkadelic Hampton et Garry Star Child  Shider.

 Un grand moment donc pour ouvrir ce show, et le public comprend qu’ il va avoir droit à une performance de qualité. Comme d’ habitude avec P-Funk, un nombre conséquent d’ artistes se succède sur scène et interprète les classiques du groupe, dans un Olympia conquis par l’énergie et le charisme de tous. Clinton arrive tranquillement sur scène et endosse son rôle «d’arbitre» n’oubliant pas de mettre en valeur les performances des musiciens. Il prendra le micro de temps à autres selon l’ inspiration que lui procure la musique et le public. Le concert alterne alors entre des séquences musicales allant du Rock au Funk, avec de nombreux solos de guitare, de claviers et même de violon, et des contributions vocales variées entre Soul, et Hip Hop.

L’intense Maggot Brain de Hampton a dégagé une émotion intacte malgré les années passées à l‘interpréter (depuis qu’Eddie Hazel, le compositeur, a quitté le groupe en 1975). Côté voix, on retiendra notamment Belita Woods qui étonnera par son timbre étrangement teinté, tandis que Kendra Foster dans un registre plus soul, interprétera Bounce To This, un extrait de son album paru en 2003. Plus surprenant encore, la petite fille de Clinton, Sativa Diva apportera une touche Hip Hop sous l’ œil complice de son grand père, fervent admirateur.

Tous les genres ont donc été expérimentés, mélangés, il y eut même un hommage à James Brown (The Big Payback), le tout dans une ambiance qui n’ a jamais diminué en intensité. Carlos  Sir Nose  McMurray, danseur extravagant, a largement contribué à motiver le public par ses mouvements parfois acrobatiques, en équilibre sur une montagne d’ enceintes par exemple.

En définitive, P-Funk n’ est pas qu’ un monument de la musique, mais une formation scénique qui a su se renouveler, en s’ouvrant à différentes tendances, pour nous offrir une performance toujours innovante. Un show mémorable de trois heures, interrompu par l’ impératif de l’ horaire, Clinton se permettant même de continuer à faire le spectacle une fois les lumières rallumées.

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Merci encore une fois à Groove prod pour cette seconde édition des Groove And Funky Nights, qui a véritablement tenu ses promesses.

jeudi, 07 juillet 2005

Lauryn Hill: Concert à Bercy le 05/07/2005

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PETIT RAPPEL:

Dilemme du 5 Juillet: Le même soir, Lauryn Hill et Sharon Jones étaient sur scène. La première se produisant à Bercy et la seconde au New Morning. La primeur de la mise en vente des places étant réservée à Lauryn Hill, c'est donc l' ignorance de la venue de Sharon Jones qui imposa le choix. Eh oui, plus d'hesitation possible les places en poche.

Le concert a commencé vers 21 h 45, dans une salle remplie aux deux-tiers par des spectateurs visiblement excités à l' idée de voir Lauryn, mais relativement crispés par son arrivée tardive. Néanmoins, dès son entrée, c' est un public conquis qu' elle a trouvé. Il faut préciser qu' il s' agissait pour elle d' un retour sur scène après presque trois années de silence. Mais ce "come back" ne visait pas réellement à présenter de nouvelles oeuvres. En effet, la plus grande partie du show était consacrée à l' interprétation de ses succès anterieurs, période Fugees et solo confondus (Fu-gee-la, Ready or Not, killing me Softly, Doo-Wop, Zion, Water et d' autres), ce qui n'a laissé que peu de place à de nouveaux titres. La performance vocale et scénique était toutefois de qualité, soutenue par des musiciens parfaitement au point. Ils ont sû valoriser les titres, notamment ceux de la période Unplugged qui ont béneficié d' arrangements énergiques très efficaces, et c' est avec beaucoup de plaisir que l' on a entendu à nouveau ses (déjà nombreux) classics. Rien à dire, l' artiste n' a évidemment rien perdu de ses qualités durant sa courte absence.

C' est tout de même avec un sentiment mitigé que j' ai quitté la salle. J' attendais un peu plus qu' un concert "best-of" de la part de Lauryn Hill à ce moment de sa carrière. Evidemment, il était vain d' ésperer un live composé de nombreux inédits, en revanche quelquechose d' un peu plus "original" de la part d' une artiste aussi talentueuse qu' elle aurait été souhaitable. Maintenant, je n' attends qu' avec plus d' impatience l' arrivée de nouveaux projets de sa part, en considérant ce concert comme le début d' un autre chaptire de sa carrière, aprés une période de doute relative à sa place dans le business de la musique.   

Malgré cela, il serait faux de dire que cela n' a pas été plaisant, l' ensemble du public a semblé largement satisfait par ce show, mais je ne peux m' empêcher de me dire que ce soir là, c' était plutôt du coté du New Morning et de Sharon Jones que j' aurais trouvé ce que je recherchais...

 

 

jeudi, 30 juin 2005

Dilemme du 5 Juillet: Sharon Jones ou Lauryn Hill?

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Deux générations de la musique noire à Paris ce soir là. En effet la belle Lauryn Hill, revient sur scène pour un concert à Bercy. Un peu étrange, car on se demande ce qu'elle va livrer sur scène ce soir là, étant donné le silence depuis son unplugged sorti en 2002. Alors il est tentant d'aller voir ce qui s'y passera connaissant la performeuse, dommage toutefois que le show se déroule dans l'impersonnel P.O.P.B, une salle à dimension plus humaine aurait été souhaitable. Mais reconnaissons que devant son succès il est difficile d'attendre plus intime...Soyons heureux que ce ne soit pas le Stade de France!
Autre salle, autre artiste... Au New Morning, La mythique Sharon Jones entourée des Dap Kings viendra livrer son dernier album, après de nombreuses représentations dejà données dans toute la France. Sharon Jones c'est la soul comme on n'en fait plus beaucoup aujourd'hui, ça faisait bien longtemps que l 'on avait entendu un son aussi pur que Naturally . De plus, elle est connue pour ses shows énergiques, et on sait qu' en matière d' ambiance, le New Morning est synonyme de qualité. D' ailleurs, le festival All Stars s' y déroule durant le mois de juillet. Un petit tour par leur site si vous voulez plus d infos sur les nombreux bons concerts programmés.
Allez, faîtes votre choix, pour vous aider, deux dernières photos...
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dimanche, 26 juin 2005

Groove and funky night session 2

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Le 25/07/2005
George Clinton à l'Olympia

Le père du funk et créateur des Parliament Funkadelic est à Paris pour un concert. Accompagné des Family Stone pour cette performance, il s'agit ici de la deuxième session de Groove and Funky Night, qui avait inauguré sa célébration musicale avec le talentueux Roy Ayers.
Aussi bien pour sa musique qui a marqué tout une époque, et qui n'a pas trouvé d'imitateurs ( du moins légitimes..)que pour son excentricité scénique, ce concert ne doit pas être manqué.
Le concert a lieu de 20h00 à 02h00, mieux vaut être en forme pour célébrer cette nuit du Funk..
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Groove and funky night session 1

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Concert de Roy Ayers le 25/06/2005 au Bataclan.

En première partie, les divas de la soul: Martha High, Marva Whitney, et Gwen Mc Crae ont donné le ton de la soirée. Les anciennes choristes de James Brown se sont succédées en témoignant d'une énergie et d'une qualité vocale digne du roi de la soul. Une petite préférence pour Martha qui au delà de la voix, a livré un sacré jeu de jambes....
A noter le groupe de musiciens Soul Power particulièrement habile qui les accompagnait.


La performance de Roy Ayers n'était pas moins convaincante...Débutant par le célèbre "Everybody Loves the Sunshine", il a tout de suite imprégné le public de son instrument si particulier: le Vibraphone
Malgré quelques problèmes techniques, notamment le vibrabraphone privé de son, (et qui a donné lieu a la scène la plus spéctaculaire du concert:le saxophoniste de Roy devant assurer en même temps le clavier et le saxo)l 'ambiance était plus qu'au rendez vous et le son particulièrement appréciable.Malgré l'air suffocant
( prévoir un éventail ) le public est résté très communicatif et chaleureux si bien qu'il fut invité à poursuivre la soirée au Gibus pour une séance de dédicaces.
Ne pas oublier de mentionner la participation de danseurs hip hop qui tout au long du show ont contribué à soutenir et valoriser la performance des artistes.
Un concert définitivement à ne pas manquer