mardi, 13 décembre 2005
Retour sur les concerts Funk et Hip hop du mois de novembre à Paris
Les festivals de Hip Hop dans la capitale sont assez rares, et ceux qui ont en mémoire le fiasco Hip Hop Don't Stop à Bercy en 2004 ne s'en plaindront sûrement pas. Cependant, les choses étaient assez différentes ici, puisque cela se déroulait cette fois à l'Elysée Montmartre et en partenariat avec Hip Hop Resistance, qui nous a offert de grands concerts ces dernières années.
Nous nous intéresserons ici aux performances des artistes américains, à savoir Scratch et The Alkhaoliks le 9 novembre, mais surtout Le crew D.I.T.C. et Public Enemy le 10. A noter que N.O.R.E. qui devait être là le 9 et Biz Markie qui devait assurer l'after du 10 au Bataclan ne sont pas venus.
Scratch, le Beat-Boxer membre des Roots, nous a présenté une performance originale, samplant sa propre voix en direct pour se créer un beat, pour ensuite se poser dessus. Tout simplement impressionnant. Son premier album solo, The Embodiment of Instrumentation, l'est d'ailleurs aussi, puisque les instrus sur lesquels ses nombreux invités prêtent leur voix sont presque exclusivement assurés par son beat-box. Probablement le meilleur moment de cette première soirée.
Pour clore ce premier jour, le trio californien The Alkaholicks, composé des Mcs Tash et J-Ro et du Dj E-Swift, a livré un show dans l'esprit du groupe, bières à la main, et jeunes filles sur scène pour le dernier morceau, Best U Can. Malgré un univers assez restreint, leur show était bien rôdé et entrainant, même si l'on peut dire que le public n'a pas été très réactif à leur prestation.
Le bilan de cette première soirée était globalement positif, sans pour autant être exceptionnel. Mais voilà, la deuxième soirée allait nous offrir un show que l'on peut qualifier d'anthologique, avec les performances du D.I.T.C. et de Public Enemy.
Après une première partie assurée par Al Peco, ayant eu la lourde tâche de mettre le public dans l'ambiance, le D.I.T.C. a investi la scène de l'Elysée. Représentés par O.C., Lord finesse, A.G., Diamond D, ainsi que DJ Roc Raida, l'un des magiciens membre des X-Ecutionners, ils ont été fidèles à leur réputation . Les meilleurs morceaux du crew et des membres en solo y sont passés, mixés par un Roc Raida en grande forme. Rien à redire, vraiment une prestation de qualité. De plus, la soirée était alors loin d'être finie, le meilleur restait encore à venir...
Contrairement à ce que les pessimistes prédisaient, Public Enemy s'est bien présenté au public de l'Elysée Montmartre au grand complet pour achever ce Getting Up Festival, et ce de la plus belle des manières.
Accompagnés de très bon musiciens (batterie, basse et guitare) et d'un DJ performant (Lord, successeur de Terminator X) les vétérans de P.E. ont livré un show énorme. L'infatigable Chuck-D a littéralement porté le groupe, aidé par Flavor Flav plus déjanté que jamais, et dans une moindre mesure par Professor Griff, nettement plus éffacé. Les deux représentants des S1-W présents ont ajouté au jeu de scène par leurs chorégraphies à base de pas militaires et de maniement de sabre. La plupart des titres qui ont fait leur histoire ont été interprétés, parmi lesquels 911 is a Joke, Fight The Power, Welcome to The Terrodome ou encore Shut Em' Down, à chaque fois accueillis par les cris du public. Leur prestation mêlant Hip Hop et Rock a emprunté l'énergie commune aux deux genres, pour un résultat impressionnant, nous rappelant par la même occasion qu'ils n'ont cessé depuis leurs débuts de fusionner ces genres.
Même s'ils sont toujours aussi hostiles aux pouvoirs en place (Bush au premier plan et Chirac pour l'occasion), ils sont apparus plus apaisés qu'auparavant. Chuck-D, porteur d'un message lucide sur les débordements qui avaient lieu en France, pointait notamment du doigt les média Anglo-saxons et leur traitement plus que douteux de l'information.
Visiblement heureux de revenir à Paris, le groupe toujours par l'intermédiaire de Chuck D, a témoigné son affection au public français, à qui un grand moment a été offert. Ce show a été clos par une démo à la batterie d'un Flavor Flav intenable, qui s'était jeté dans la foule quelques temps auparavant, et qui à l'instar de Chuck D n'a rien perdu de son énergie.
Un pari risqué mais tenu pour Hip Hop Résistance et les autres organisateurs qui nous ont offert un festival globalement reussi, même s'il est vrai que les meilleurs moments ont eu lieu le second soir.
C'est dans un Bataclan qui affichait complet que le saxophoniste de génie s'est présenté à son public parisien. Pendant plus de deux heures, ll a livré une performance impressionnante, alternant judicieusement entre une présence valorisant le reste du groupe, des moments chantés, et les fameux solos de saxo qui donnaient la certitude de n'avoir rien perdu avec les années.
Il a offert au public différents hommages, comme celui à James Brown avec Pass the Peas et celui à George Clinton avec la reprise du célèbre refrain de Mothership Connection, n'oubliant pas ceux avec qui il a pu partager ses premiers moments sur scène. Pour l'occasion notons que Maceo s'était d'ailleurs entouré de Marta High, célèbre choriste de James qui partagait avec force, malgré sa prestation restreinte l'énergie des musiciens. Il a également rappelé en mémoire le célèbre Georgia de Ray Charles, paré de ses lunettes noires, il a interprété le morceau de façon fidèle à la prestance de l'artiste. A relever aussi la présence de son fils Corey qui reprend à sa manière la tradition familiale, ses apparitions amenant une note hip hop aux rythmes funky de son père. Il nous a également gratifié d'extraits de son dernier album, School's In, comme Advanced Funk ou encore To Be or Not To Be, qui a bénéficié d'une mise en scène amusante, une des membres du staff venant déclamer en costume des fameux vers de Shakespeare.
Le groupe époustouflant, à l'image de leur leader, a fait preuve d'une maitrise extraordinaire, due en grande partie à l'experience de Geg Boyer (trombone), et à l'énergie inépuisable du clavier. Tout était donc parfaitement orchestré pour un show à la hauteur du talent de cette légende du funk.
GWEN McCRAE LE 22 NOVEMBRE
Gwen Mc Crae fait partie des artistes qui malgré un relatif silence discographique continuent de faire exister la soul et de
donner du plaisir sur scène au public. Elle a assuré sa cinquième apparition cette année dans la capitale ce 22 novembre à la Scène Bastille, après ses passages au New Morning en juillet (une prestation qu'il faut relever puisqu'elle donnera lieu à la sortie prochaine d'un cd live). On l'a également retrouvée auprès des JB Divas et de Roy Ayers (lors de la première édition des Groove And Funky Nights au Bataclan). Elle est toujours accompagnée du même groupe, The Soul Power All Stars, qui a suivi cette année des légendes du Funk et de la Soul, les JB Divas, la defunte Lyn Collins ou encore Pee Wee Ellis, et qui contribue d'ailleurs largement à la qualité des shows.
C'est dans une salle presque trop remplie qu'elle est arrivée pour livrer au plublic une performance énergique. Sa voix rauque et éraillée rappelant parfois celle de de James Brown nous replonge dans la soul des années soixante, elle se pose magnifiquement sur des titres comme 90% of me is you, que la salle entonne volontiers. Gwen Mc Crae chante avec force devant le regard complice des musiciens qui servent totalement sa performance.C'est avec une émotion non dissimulée qu'elle recoit les manifestations chaleureuses du public à l'écoute de ses morceaux. Un concert agréable, qui démontre les qualités intactes de la Queen of Rare Groove.
Infatigable, elle a promis de revenir dans la capitale dès l'année prochaine. D'ici là, son premier album live enregistré cette année au New Morning sera sorti, pour le plaisir de ses admirateurs, particulièrement ceux qui ont eu la chance d'être à ses concerts.
Malgré un état de santé plus que préoccupant ces derniers temps, Jay Dee a tenu à assurer sa tournée en Europe. C'est donc dans une atmosphère chargée en émotion qu'il s'est présenté au Nouveau Casino en chaise roulante, très amaigri et visiblement souffrant. Beaucoup de choses concernant ses problèmes de santé ont circulé sur le net ces derniers temps, et même s'il est difficile de savoir ce qui est vrai ou pas, il est évident qu'une personne dans son état devrait se soigner et se reposer plutôt qu'assurer une tournée. Cependant, si sa volonté est d'être auprès de son public, on ne peut que la respecter, et saluer son courage.
Après la première partie assurée par Dj Gero, c'est DJ Rethmattic, membre du groupe The Visionnaries qui par son talent nous a fait oublier l'absence de J-Rocc, initialement prévu pour cette soirée. Son set, durant lequel il a fait apprécier sa technique sur quelques classiques du Hip Hop, a ouvert cette soirée de belle manière. Frank N Dank suivis de Phat Kat sont ensuite arrivés, et même s'ils ne sont pas des bêtes de scène, l'énergie déployée et leur émotion apparente ont largement éffacé les lacunes techniques de leur prestation.
Ensuite, à la demande de l'organisateur, la foule s'est scindée en deux pour faire place à Jay Dee, accompagné de sa mère venue le soutenir. Son arrivée a constitué le moment le plus fort du concert, le public l'applaudissant sans cesse pour lui témoigner son affection et son soutien, certains d'entre nous ne pouvant s'empêcher de verser une larme. Encore une fois, son courage est à souligner, puisque il est resté plus de 30 minutes sur scène à poser sa voix sur des extraits d'innombrables morceaux d'anthologie qu'il a offert au Hip Hop, comme ceux qu'il a produit pour Common, A Tribe Called Quest, De La Soul, The Pharcyde ou encore sa récente collaboration avec Madlib, Champion Sound.
Ce concert était un évènement particulier, les mots ne sont pas suffisants pour le décrire, et tous ceux qui y ont assisté ne sont pas prêts de l'oublier. Pour voir de nombreuses photos du show, rendez-vous ici. Evidemment, nos pensées vont à Jay Dee, à qui nous souhaitons de se rétablir au plus vite. Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Hip Hop Résistance pour cette soirée mémorable, et pour tous les shows de qualité qu'ils ont su entreprendre ces dernières années, malgré des moyens que l'on imagine restreints.
Si l'ont ajoute à ces évènements le concert de Jaguar Wright relaté récemment, et ceux non vus comme Tower Of Power au Bataclan, on peut dire que le public parisien amateur de ces musiques aura été gâté le mois de dernier, et ceux qui ont vu ces concerts auront de nombreux souvenirs en tête pour longtemps...
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mardi, 08 novembre 2005
The Milkman
01:31 Publié dans Funk | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : musiques
lundi, 17 octobre 2005
Sharon Jones & The Dap Kings: Concert à l'Elysée Montmartre (12/10/2005)
Généralement, un concert commence par une interminable attente et une première partie rarement de grande qualité... Et bien dans ce cas précis non. Arrivant devant l'Elysée alors que Miss Sharon Jones débutait par How Do I Let A Good Man Down, c'est au pas de course que se sont enchainées les marches menant au devant de la scène. En effet, le show a commmencé avant l'heure indiquée sur les billets. Ayant donc raté la première partie, nous retrouvons l'artiste dans une énergie phénoménale, au milieu d'un des titres phares de son dernier opus. La salle resteinte pour l'occasion et le placement des Dap-Kings groupés près de la chanteuse créent une ambiance intime. Sur scène, Sharon ne fait pas simplement preuve d'un immense talent vocal, elle habite les rythmes que lui offre son groupe, dansant sur toutes les chansons. Elle a d'ailleurs gratifié le public d'une démonstration appréciée des styles qui ont marqué sa jeunesse, passant en revue Boogaloo, Jerk, Funky Chicken, Mashed Potatoes et bien d'autres.


Le concert était majoritairement composé de morceaux extraits de Naturally, How Long Do I... et Fish In My Dish entre autres, mais on a aussi retrouvé des titres comme Genuine ou Pick it Up, orchestrés par des Dap-Kings totalement à son service, presque éffacés derrière son charisme. Sa présence mérite d'être soulignée, elle "occupe" la scène comme peu d'artistes, par exemple sur Your Thing is a Drag, et il en devient même difficile de détourner ses yeux d'elle, ne serait-ce que pour apprécier la qualité du groupe. Elle nous a aussi offert une interprétation libre de l'immense Respect, restant fidèle au funk des années 60, qui fût peut-être le moment le plus intense de ce concert. Comme à l'acccoutumée, un passage a été consacré à l'expression de son opposition à la politique de son gouvernement sur les titres This Land is Your Land et Taxes, où elle jouera pendant l'intro de ce dernier une rencontre improbable avec Bush.
Le public conquis l'a rappelée par deux fois, et s'il est vrai que le show n'a pas été excessivement long, il aurait été difficile d'en demander plus, étant donnée l'energie dont elle a fait preuve. Sharon Jones nous a montré qu'elle est l'une des authentiques représentantes de le Soul et du Funk aujourd'hui.
Pour une petite idée de la qualité de ses performances scéniques, rendez-vous sur le site de Daptone Records, qui comporte quelques videos et de nombreuses photos live. Ecoutez aussi ce morceau extrait d'un concert à Charlottesville (USA) cette année.
03:35 Publié dans Concerts, Funk, Soul | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : musiques
samedi, 10 septembre 2005
Maceo Parker: En attendant le concert au Bataclan...
Maceo Parker est probablement le musicien Funk le plus célèbre et le plus respecté au monde. Faire sa biographie reviendrait à conter l'histoire de ce genre musical. De sa rencontre avec James Brown en 1964 à la sortie de son dernier album intitulé School's In en 2005, The Teacher (comme le surnomme Prince) n'a cessé de faire partager au public du monde entier son talent. Il a collaboré avec des artistes plus charismatiques les uns que les autres, James Brown de façon épisodique, mais aussi le collectif Parliament-Funkadelic. Entre temps, il formera Maceo & The All King's Men en 1970, pemier groupe à le voir exercer le rôle de leader. Plus récemment, c'est au New Power Generation de Prince qu' il a offert ses qualités uniques, immortalisées sur One Nite Alone...Live. Il est aussi essentiel de rappeler qu'il a énormément travaillé avec deux autres figures emblématiques du Funk, à savoir le tromboniste Fred Wesley et le saxophoniste Pee Wee Ellis. Ils ont été membres des JB's, Fred Wesley ayant aussi travaillé en tant que musicien et arrangeur pour Parliament. Ces trois génies sont réunis sur plusieurs oeuvres, dont l'album Life On Planet Groove, enregistré live à Cologne en 1992, probablement son disque le plus célèbre.
Même s'il est souvent resté dans l'ombre des fortes personnalités avec lesquelles il a joué, à l'image de James Brown, il a toujours apporté une touche particulière aux groupes dont il a été membre, sachant faire évoluer sa façon de jouer sans jamais perdre son identité. Ces vingt dernières années, il s'est forgé une solide réputation en tant qu'artiste solo. Depuis la sortie du classique Roots Revisited en 1990, le saxophoniste enchaîne albums et concerts de qualité à une cadence qui force le respect, propageant ses sonorités inimitables à plusieurs générations d'auditeurs.
Son dernier disque, intitulé School's In, paru récemment est une véritable leçon de Funk en 10 parties, fortement inspirée par son expérience avec Prince. La talentueuse Candy Dulfer, saxophoniste attitrée des NPG est d'ailleurs invitée sur le bel hommage à Sam Cooke What A Wonderful World. On y retrouve aussi le non moins talentueux Greg Boyer, aussi membre des NPG, qui s'est fait connaître dans les années 80-90 au sein de... Parliament-Funkadelic! Son fils Corey Parker apporte également sa contribution, puisqu'il est l'auteur et l'interprète du rap sur le rythmé What You Know About Funk. Ces artistes ont contribué à faire de School's In une valeur sûre, même s'il est vrai que le nom de Maceo Parker seul est un gage de qualité. Le cours débute de la plus belle des manières par To Be Or not To Be qui met immédiatement l'auditeur dans l'ambiance du disque. Plus loin, Basic Funk:101 et Advanced Funk représentent presque à eux seuls les différentes orientations du genre. A l'instar de ces morceaux, Speed Reading est une démonstration de ses qualités techniques. Il nous offre aussi une reprise sympathique des Jackson 5, ABC, sur laquelle son saxo reprend à la perfection les notes chantées par Michael voilà plus de trente cinq ans. Il rend un poignant hommage a un professeur sur Song For My Teacher, qui sonne plus jazzy que la majorité de l'album, tout comme Arts & Crafts. Aucun doute, Maceo est bien le plus à même d'apprendre à quiconque ce qu'est le Funk, comme il le dit sur I'm Gonna Teach You en clotûre. Le disque dans son ensemble figure en bonne place dans sa discographie, l'une des plus riches du Funk.
Alors qu'il a déjà donné un nombre conséquent de shows cette année, il sera de retour en France à l'automne, notamment à Paris au Bataclan le 20 Novembre. Comme vous devez le savoir, ses concerts aussi fréquents soient-ils, constituent toujours un évènement immanquable pour tout amateur de Funk. Pour des informations plus précises sur les dates de shows, faîtes un tour du côté de chez Infoconcert.
Afin de patienter jusqu'à sa venue, je vous propose une séléction de disques qui sont des classiques retraçant son immense carrière, de ses collabortions à ses oeuvres en tant que leader de groupe.

Ce live de James Brown a été enregistré dans le mythique Appollo Theater de New York en 1967. On y retrouve Maceo ainsi que Pee Wee Ellis pour une performance d'anthologie, composée de classiques de Mr Dynamite en très grande forme.

Considéré par beaucoup comme le chef d'oeuvre de Parliament, Mothership Connection est sorti en 1976. Fred Wesley et Maceo viennent conjuguer leur talent à la créativité de l'excentrique groupe de Clinton pour un disque intemporel.

Que dire de plus que ce qui a déjà été dit sur ce coffret signant le retour de Prince à des oeuvres de grande qualité. Maceo se joint au New Power Generation et forme avec Candy Dulfer et Greg Boyer un superbe trio de cuivres.

Sorti en 1990, Roots Revisited est le disque qui a lancé notre homme dans la carrière "solo" qu'on lui connaît aujourd'hui. Ses amis Fred Wesley et Pee Wee Ellis l'accompagnent tout au long du disque et propagent un son pur, ne reniant pas le Blues et le Jazz, qui sont à l'origine même du Funk.
En plus de ses musiciens habituels, Maceo invite pour ce live enregistré en 1992 Kym Mazelle qui vient se déchaîner su I Got You (I Feel Good) et Got To Get You, ainsi que la jeune saxophoniste Candy Dulfer . Ce disque est un parfait exemple de ce que Maceo donne au public en concert, à savoir un Funk dont lui seul a le secret.
Ces cinq albums permettent d'apprecier sa carrière monumentale, mais ils ne suffisent évidemment pas à la résumer entièrement. Pour ceux qui souhaitent de plus amples informations concernant ce saxophoniste hors-pair, une visite sur l'un de ses sites officiels en français ou en anglais s'impose.
Vivement le 20 novembre, date du concert parisien, qui sera à coup sûr un évènement à ne pas manquer.
23:40 Publié dans Funk | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musiques
mercredi, 17 août 2005
10 disques Soul-Funk parus entre 1995 et 2005.
Il est certain que la Soul et le Funk ont connu leur apogée dans les années 60-70, et la liste de lives publiée précédemment en témoigne largement. Néanmoins, au milieu des années 90, différents artistes ont tenté de renouveler ce qui fût initié à l'époque. Certains des disques présentés ont été catalogués Nu-Soul (cette notion incluant un peu tout et n'importe quoi), d' autres reflètent des tendances différentes, ils ont pourtant en commun d'avoir tenté de remettre au goût du jour des sonorités peu à peu disparues. Tous ne sont pas des classiques indiscutables, mais au moins de bons albums faits par des artistes ayant une identité propre.
D'Angelo-Me&Those Dreamin' Eyes Of Mine Live At The Jazz Cafe(1995)

D'ANGELO BROWN SUGAR 1995:
Cet album peut être considéré comme précurseur de la tendance Nu-Soul. En effet, D'Angelo retourne vers un son peu à peu disparu depuis les années 80, il s'inspire des grands de la Soul, tout en renouvellant leur style. Pas de beats synthétiques pour D' lui même musicien, mais un véritable travail autour d' instrumentations épurées, sur lesquelles se pose sa voix si particulièrement colorée. L' album qui s'ouvre sur l'excellent Brown Sugar garde une intensité intacte jusqu'au bout. On se souviendra de Me and those Dreamin' Eyes of Mine, Smooth, et Cruisin' comme autant de preuves du talent de cet artiste, qui confirmera l'ampleur de ses qualités avec Voodoo. Ce deuxième album témoigne d'une ouverture à de multiples influences; peut-être plus réussi que le précédent il mériterait également sa place dans cette liste.

MAXWELL'S URBAN HANG SUITE 1996
Cet artiste originaire de Brooklyn est à l'instar de de D'Angelo l'un des artisans du renouveau de la soul au milieu des années 90. Dans un style plus conventionnel, proche de celui de Marvin Gaye, il adopte une posture romantique pour parler à la femme qu'il aime avec des titres comme Wherever Whenever Whatever ou Til' the Cops Come Knockin', et choisit aussi des ryhtmes plus sulfureux comme sur Sumthin' Sumthin' ou Ascension. C'est grâce au MTV Unplugged qu'il atteint une notoriété plus importante, dévoilant alors également toute l'étendue de ses qualités vocales. Ses deux autres albums studio, Embrya (1998) et Now (2001), qui témoignent de la même qualité ont su prouver que Maxwell est un artiste incontournable de cette nouvelle tendance de la Soul.
ERYKAH BADU BADUIZM, 1997:
Elle incarne l'orientation féminine de la Nu Soul, héritant d'un charisme propre aux grandes divas des 60-70's et dotée d'un timbre peu commun, elle laisse entrevoir un univers extravagant ou la mise en scène a son importance. Elle joue de sa voix, de son image et initie à des textes singuliers. Pas de demi mesure, son style peut faire des inconditionnels ou laisser hermétique. Les sonorités de l'album sont retenues, essentiellement soul et quelques petites touches jazz affleurent dans Other side of the Game. On trouve aussi des moments plus rythmés ou l'energie de l'artiste est plus sensible, avec Apple Tree et On & On. Sur ses albums suivants, elle fera évoluer sa musique; aprés le succès de Mama's Gun elle sortira Worldwide Underground, tentative plus experimentale qui surprendra une partie de son public.
BILAL 1ST BORN SECOND, 2001
Ce jeune artiste pour le moins excentrique débarque avec cet ovni aux frontières des genres, allant des productions de Dr Dre sur Fast Lane et Sally à la Soul psychédelique de Sometimes. En dehors des figures mythiques de la musique noire, ce disque a emprunté la voie initiée par D'Angelo sur Voodoo, avec qui ce 1st Born Second tient la comparaison. Sa voix, capable de variations insoupçonnables, s'adapte à tous les styles. Le début de l'album est imprégné de Hip Hop, Common et Mos Def collaborent d' ailleurs au morceau Reminisce. La seconde partie est plus apaisée, composée de titres tels Queen of Sanity ou When You Will Call. Un premier essai très concluant pour cet artiste dont on espère rapidement un nouvel album.
JILL SCOTT EXPERIENCE 826+, 2001:
Cette chanteuse issue de Philadelphie est une des voix marquantes de la Soul actuelle. Au delà même de sa capacacité à adopter des tonalités multiples, c' est son charisme sur scène qui fait d'elle une artiste à part. Il est donc plus légitime de retenir son live, qui exprime davantage que les deux volumes studios Words and Sounds sont talent. Se mettant certaines fois dans la posture d'une véritable oratrice, sur Thickness par exemple, elle entretient une complicité privilégiée avec son public. Les titres du premier opus Who is Jill Scott sont réarangés pour l'occasion, orchestrés par son groupe Fatback Taffy de la plus belle des manières. Elle donne une seconde vie à des morceaux comme Slowly Surely, Gettin' In The Way et One Is The Magic Number. En plus des enregistrements en live se trouvent sur un second disque des inédits studio intéressants, avec des arrangements travaillés plus proches de son album précédent.

PRINCE ONE NITE ALONE...LIVE, 2002:
Inutile de présenter Prince, qui a été sur le devant de la scène jusqu'au début des années 90. Des problèmes avec sa maison de disques le contraignent alors à une période de silence. Il réapparaitra à la fin de années 90, d'abord avec Rave Un2 the Joy, mais c'est véritablement avec Rainbow Children qu'il achève son retour, retrouvant des orientations musicales dont il s'était quelque peu détourné. Ce live reprend une partie des chansons de ce disque, Muse 2 the Pharaoh ou Family Name et quelques uns des ses anciens titres, par exemple Raspberry Beret et Diamonds & Pearls. Accompagné par son groupe NPG au grand complet, avec comme invité de luxe Maceo Parker, il nous offre une des meilleures performances live jamais enregistrées, avec en plus sur un troisième CD aves des extraits d'aftershow et des invités comme George Clinton ou Musiq. Du grand Art.
MESHELL NDEGEOCELLO COMFORT WOMAN, 2003:
Dernier album en date de la talentueuse Meshell, qui se consacre désormais à une carrière de bassiste, entourée de groupes comme Spirit Music Sextet et Spirit Music Jamia. Elle délaisse en effet l'interprétation vocale pour retrouver une place moins exposée au sein d'une formation musicale. Confort Woman se ressent alors comme l'aboutissement de sa carrière de chanteuse, après les talentueux Faithfull ( 1999) ou Cookie: The Anthropological mixtape (2002). Elle s'ouvre ici à des tendances diverses, utlisant des couleurs reggae notamment sur Good Intentions. Elle choisit de travailler les sonorités soul pour les mettre au sevice d 'un univers cosmique, le solo de basse sur Fellow Ship en témoigne largement. Sa voix tout en retenue, presque murmurante laisse place a de nouvelles trouvailles instrumentales comme sur Love Song. Un album difficilement classable, qui achève de faire de Meshell une artiste complète et inimitable.

KENDRA MYRIADMORPHONIC BIOCORPOMELODICREALITY SHAPESHIFTER, 2003:
Cette artiste fait partie des P-Funk All Stars, la formation de George Clinton. C' est l' une des représentantes de la jeune génération du groupe, qui contribue à l'évolution de ses sonorités. Cet album est l' une des trop rares productions de Clinton ces dernières années, et à son écoute on se rend compte que c' est bien dommage... A l'image du groupe, Kendra aborde plusieurs styles musicaux, et ce avec reussite. Certains titres tels Mrs Marley et Happenstance peuvent être qualifiés de Nu-Soul, mais certains autres comme In Our Minds ou Save Your Love For Me témoignent d' un univers musical plus étendu. Les guitares sur Possession-Free Philosophy ne sont pas sans rappeler Funkadelic, et l' ensemble des P-Funk est présent sur Bounce To This extrait d' un live à San Diego. Si vous voulez découvrir des morceaux de cet excellent disque injustement méconnu, c' est par ici.

AMP FIDDLER WALTZ OF A GHETTO FLY, 2004:
Voici un autre artiste qui a fait partie de P-Funk, mais qui a aussi apporté son talent à d' autres, Prince par exemple. Formé à la bonne école, cet excellent joueur de claviers a sorti son premier projet solo en 1990, With Respect, qui n' a malheuresement pas rencontré de succès public malgré ses qualités. Après diverses collaborations en tant que musicien et producteur, contribuant à le faire connaître du milieu musical, il sortira Waltz of A Ghetto Fly en 2004, qui lui apportera une plus grande notoriété publique. On y trouve d' intéressants invités, par exemple Raphael Saadiq qui a co-écrit Dreamin', J-Dilla à la production sur certains titres, et l' inévitable George Clinton en featuring sur Waltz Of A Ghetto Fly (qui cache d' ailleurs un autre morceau). I Believe in You, Superficial et Eye To Eye sont autant de témoignages des ses influences, Sly Stone ou Isaac Hayes entre autres. Il est en plus très bon sur scène, mais c' est la moindre des choses quand on a été membre des P-Funk!

SHARON JONES & THE DAP-KINGS NATURALLY, 2005:
Sharon Jones a connu une carrière plutôt atypique, débutant très tôt une expérience scénique au côté d'artistes talentueux, notamment Maceo Parker. Ce n'est pourtant qu'au début des années 90 qu'elle propose des titres en solo. Engageant une tournée internationale avec les Soul Providers rencontrés au sein du label Desco Records, elle découvre la popularité de sa musique en Europe. C'est peu de temps après qu'elle signe son premier album, Dap Dippin' with Sharon Jones & The Dap-Kings en 2002 chez Daptone Records, puis Naturrally en 2005. Ce dernier, succès critique, l'a véritablement couronnée reine du Funk. Et il y a de quoi, puisque c' est un classique qui renoue avec les origines du genre, presque oubliées ces vingt dernières années. Il est difficile de citer des titres, ils sont tous excellents. Une petite préference pour How Do You Let a Goodman Down?, My Man Is a Mean man, et This Land Is Your Land. Elle a donné un nombre considérable de concerts cette année, particulièrement en France où elle sera encore présente à la rentrée. Incroyable!
Comme dans toute liste, il faut s' arrêter à un moment et certains excellents disques n'ont évidemment pas pu être mentionnés. Peut-être feront-ils l' objet d' une note dans le futur...
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mercredi, 27 juillet 2005
Groove And Funky Night Session 2: George Clinton, P-Funk et Family Stone Experience Live à l' Olympia
Les Family Stone Experience ainsi que George Clinton et Parliament-Funkadelic se sont donnés rendez vous à l’Olympia le 25 juillet pour une célébration du funk. Le moins que l’on puisse dire c’est que la soirée fut longue… le show a débuté dès 20 heures pour s’ achever à… 2 heures, soit près de six heures de bonheur! Pour préparer le public, une troupe de danseurs Hip Hop déjà présente au Bataclan lors de la première édition a livré une brève prestation, essentiellement constituée d’impros. Ils ont agréablement participé à mettre le public dans le ton énergique de la soirée et à les préparer à la venue imminente des Family Stone chargés de débuter le concert.

Après de nombreuses années, Jerry Martini (saxo) et Greg Errico (batteur), deux des membres fondateurs du groupe se retrouvent autour d’une nouvelle formation comptant notamment la talentueuse Gail Muldrow à la guitare et au chant. Ils reprennent des classiques tels que Dance to the Music et Family Affair. Ils jouent avec une conviction intacte presque deux heures de live, nous replongeant dans le meilleur du funk. Rien à voir avec la formation originale Sly and Family Stone, mais la performance des artistes est vraiment fidèle à l’esprit. Et ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de voir les légendes que sont Martini et Errico sur scène.
Pour une entrée en matière, il était difficile d’espérer mieux…
Trois quart d’heure d’entracte, pour laisser les musiciens de Funkadelic se mettre en place. Le rideau s’ouvre et le mythique Bernie Worrell apparaît aux claviers pour un solo où il livrera notamment une version surprenante de Brother John initiant d’entrée le public à l’univers singulier du P-Funk qui aime jouer de la diversité. Il est rapidement rejoint par Lili Haydn au violon avant que le reste du groupe ne prenne place pour l’intemporel Cosmic Slop et son célèbre riff interprété par Michael Kid Funkadelic Hampton et Garry Star Child Shider.



Un grand moment donc pour ouvrir ce show, et le public comprend qu’ il va avoir droit à une performance de qualité. Comme d’ habitude avec P-Funk, un nombre conséquent d’ artistes se succède sur scène et interprète les classiques du groupe, dans un Olympia conquis par l’énergie et le charisme de tous. Clinton arrive tranquillement sur scène et endosse son rôle «d’arbitre» n’oubliant pas de mettre en valeur les performances des musiciens. Il prendra le micro de temps à autres selon l’ inspiration que lui procure la musique et le public. Le concert alterne alors entre des séquences musicales allant du Rock au Funk, avec de nombreux solos de guitare, de claviers et même de violon, et des contributions vocales variées entre Soul, et Hip Hop.
L’intense Maggot Brain de Hampton a dégagé une émotion intacte malgré les années passées à l‘interpréter (depuis qu’Eddie Hazel, le compositeur, a quitté le groupe en 1975). Côté voix, on retiendra notamment Belita Woods qui étonnera par son timbre étrangement teinté, tandis que Kendra Foster dans un registre plus soul, interprétera Bounce To This, un extrait de son album paru en 2003. Plus surprenant encore, la petite fille de Clinton, Sativa Diva apportera une touche Hip Hop sous l’ œil complice de son grand père, fervent admirateur.


Tous les genres ont donc été expérimentés, mélangés, il y eut même un hommage à James Brown (The Big Payback), le tout dans une ambiance qui n’ a jamais diminué en intensité. Carlos Sir Nose McMurray, danseur extravagant, a largement contribué à motiver le public par ses mouvements parfois acrobatiques, en équilibre sur une montagne d’ enceintes par exemple.
En définitive, P-Funk n’ est pas qu’ un monument de la musique, mais une formation scénique qui a su se renouveler, en s’ouvrant à différentes tendances, pour nous offrir une performance toujours innovante. Un show mémorable de trois heures, interrompu par l’ impératif de l’ horaire, Clinton se permettant même de continuer à faire le spectacle une fois les lumières rallumées.
Merci encore une fois à Groove prod pour cette seconde édition des Groove And Funky Nights, qui a véritablement tenu ses promesses.
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vendredi, 08 juillet 2005
10 albums "Live" Soul-Funk inoubliables
Une grande partie de ce Blog étant consacrée à la musique sur scène, une première selection d' albums live s' imposait. C' est chose faîte ici, avec ces disques de légende de la grande époque du genre Soul-Funk (1960-1980), qui nous rappellent que le pouvoir de la musique, c' est de créer un lien entre un artiste et son public. Bien sûr, cette liste n' est pas exhaustive, certains diront que des incontournables manquent à l' appel, mais lorsque l' on s' est fixé une limite de dix disques, il faut bien faire des choix. Pardon donc pour les non-mentionnés et place à la selection!
James Brown: Live at the Apollo, 1962
Il s'agit du premier album de James, en live donc, accompagné des Famous Flames. C' est l' album In Person de Ray Charles paru en 1959 qui lui en donna l' idée. Après des 33 tours remarqués ("Try Me", "Please, Please, Please"...) c'est avec ce disque qu'il atteindra un premier grand succès public (66 semaines dans les charts); il deviendra alors "The Hardest Working Man In Show Business". C' est dans un Apollo survolté qu' il a livré ce midnight show, qui est peut-être son meilleur album, et qui reste encore aujourd'hui LA réference en matière de Lives. Il existe bien sur d' autres lives mythiques de Mr Dynamite comme celui de l' Apollo le 25 juin 1967 en compagnie des JB'S (Pee Wee Ellis et Maceo Parker notament) , ou le Love Power Peace à l' Olympia avec Bootsy Collins au sein du groupe, mais celui de 1962 s' impose pour son impact sur la musique contemporaine.

Otis Redding In Person At The Whisky A Gogo, 1966
Ce Live, enregistré à Los Angeles sans les MG's qui étaient en studio à l 'époque ne contient peut-être pas tous les standards d' Otis, mais on y retrouve "These Arms Of Mine"," Mr Pitiful", "Pain in my Heart" et "I Can't Turn You Loose" entre autres. Il y a aussi des reprises interéssantes, dont "Papa's Got A Brand New Bag" de James Brown et "Satisfaction" des Rolling Stones. Cette dernière prend d' ailleurs une dimension Rythm & Blues inédite. Malheureusement, Otis disparaitra l' année suivante, à 26 ans, laissant derrière lui malgré son jeune âge une oeuvre importante, dont ce live qui est le témoignage audio le plus proche de ce qu' il pouvait offrir sur scène, avec ses 10 musiciens et choristes. Petite anecdote, Bob Dylan était dans le public le soir du premier show pour lui offrir des chansons.

Jimi Hendrix Band Of Gypsys1969-1970
Dernier album paru de son vivant, ce chef d' oeuvre allait peut-être marquer un tournant dans la carrière d' Hendrix. Après la séparation de son groupe Experience et des difficultés à retrouver une formation musicale, c' est avec le talentueux batteur et interprète Buddy Miles et le bassiste Billy Cox qu' il formera le Band of Gypsys. Le groupe livrera en tout et pour tout quatre performances en deux soirées au Fillmore East, les 31 décembre 1969 et 1er janvier 1970. Au carrefour des genres Soul, Funk et Rock, avec une nette touche Rythm & Blues, perceptible dans les compositions d' Hendrix "Power Of Soul" et "Message To Love", propagée aussi dans celles de Buddy Miles "Changes" et "We Gotta Live Together", ce disque est un monument de la musique contemporaine.

Gil Scott-Heron, Small Talk at 125th And Lenox, 1970
Un disque particulier, puisqu' il ne s' agit pas de musique Soul ou Funk, mais de Spoken Word, autrement dit de poésie scandée, ici rythmée par des percussions la plupart du temps. Si ce disque figure dans cette liste, c' est pour son impact sur la musique des années suivantes, notament la naissance du Hip Hop quelques années après. En effet, les textes engagés de Gil Scott Heron dans la lignée des mouvements contestataires des 60's et des 70's comme les Black Panthers n' ont cessé, au même titre que ceux des Last Poets, d' inspirer les génerations de Emcees qui suivirent. Un des grands moments de Poésie du XXème siècle.

Curtis Mayfield Live, 1971
Enregistré au Bitter End, célèbre salle New-Yorkaise, en janvier 1971, c' est le deuxième album solo de Curtis Mayfield. Il est composé de titres de son premier album Curtis, et de reprises des Impressions magnifiquement ré-orchestrées dans un style plus Funk. L' ambiance intimiste particulière à la salle, le groupe minimaliste, la performance de Curtis à la guitare et sa voix envoûtante font de ce live un des grands moments de sa carrière et de la Soul music.

Funkadelic, Live Meadowbrook, Rochester, Michigan September 12th 1971
Ce show est le premier Live du fameux groupe initié par George Clinton. Ce concert ne s' est pas déroulé dans les meilleures conditions possibles. En effet, le guitariste Harold Beane et le batteur Tyrone Lampkin ont intégré le groupe ce soir là sans pratiquement répéter, ce qui explique le relatif bordel durant le show. Néanmoins, ce concert témoigne de la faculté d' improvisation du groupe, et puis rien que la version extented de 15 minutes de "All Your Goodies Are Gone" fait de ce disque un must.

Ike and Tina Turner, Live In Paris Olympia 1971
Avec l' aide des Rolling Stones, ils ont atteint une plus grande notoriété, aux Etats-Unis et en Europe, tout en "posant" leur style, beaucoup trop brut pour le grand public auparavant. A Paris, ils ont proposé au public une authentique Review, composée de standards de l' époque interprétés magistralement par Tina et Ike, épaulés par les Kings Of Rythm et les Ikettes. Certains titres prennent une dimension supplémentaire grâce à la personnalité de Tina, notament "Son Of A Preacher Man" de Dusty Springfield qui devient une nouvelle chanson, empreinte de la soul et du blues de Tina. Elle s' approprie aussi "Come Together" des Beatles et rend un bel hommage a Otis Redding sur "I've Been Loving Too Long". Un beau concert.

Donny Hathaway, Live 1972
Enregistré en partie au Troubadour à Hollywood, et au Bitter End de New York tout comme le live de Curtis Mayfield présenté un peu plus haut, ce disque nous présente le même style d' ambiance intimiste. Donny mélange ses propres compositions comme "The Ghetto" ou "Little Ghetto Boy" a des standards comme "What' s Going On" de Marvin Gaye sur lequel s' ouvre le disque, "You've Got A Friend" de Carole King où la communion avec le public est à son paroxysme, ou encore "Jealous Guy" de John Lennon. Toutes les interprétations sont superbes. Les 13 minutes de "Voices Inside (Everything is Everything)" closent magnifiquement ce disque sur une note Funky. Ici encore, le mention chef d' oeuvre n' est pas exagérée, Donny Hathaway avait vraiment quelquechose de particulier qui se ressent à l' écoute du disque.

Isaac Hayes Live At The Sahara Tahoe 1973
Ce double album classique présente Isaac Hayes au meilleur moment de sa carrière, deux ans avant la fin de l' aventure avec le label Stax en 1975 et les "dérapages" qui suivirent. Toujours est-il que "Black Moses" était au sommet en 1973, et ce disque sur lequel il interprète ses succès des années précédentes, comme le "Theme From Shaft" ou "Ellie's Love Theme", en est la preuve irréfutable. Un mélange savamment dosé de Funk ("Do Your Yhing" par exemple), de love songs ("It's Too Late") ainsi que quelques reprises ("Use Me" de Bill Withers et "Light My Fire" des Doors) font de ce disque un grand album live.

Marvin Gaye, Live at The London Palladium 1976
Il était presque inconcevable de clore cette liste sans mentionner le grand Marvin Gaye. Il était déjà largement tourmenté par ses problèmes personnels et toujours aussi effrayé à l' idée de monter su scène à l' époque de ce disque. Lors de ce show, toute sa carrière est passée en revue sur les trois medleys. C' est d' ailleurs l' un des défauts de ce disque: certains des incontournables tels "You're a Wonderful One", "Inner City Blues" ou "What's Going On" ne sont pas présentés dans leur intégralité. Il y a aussi le problème des duos que la performance très moyenne de Florence Lyles peine à mettre en valeur. Mais il reste à ce live une ambiance particulière, une atmosphère chargée d' émotion, et l' interprétation magistrale Marvin, en particulier sur "Let's Get It On" et "Trouble Man".
Voilà, c' est déjà fini, c' était très agréable de passer tous ces beaux albums en revue en les réecoutant. Evidemment, je voudrais en mettre dix de plus, mais il faut bien s' arrêter à un moment. En ésperant que ceux qui consulteront cette selection (re)découvriront les perles que sont ces disques.
23:20 Publié dans Funk, Listes de disques, Soul | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musiques
mardi, 05 juillet 2005
The Mothership Connection: un DVD mythique à (re)voir avant le 25 juillet
02:25 Publié dans Funk | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musiques
jeudi, 30 juin 2005
Dilemme du 5 Juillet: Sharon Jones ou Lauryn Hill?
Deux générations de la musique noire à Paris ce soir là. En effet la belle Lauryn Hill, revient sur scène pour un concert à Bercy. Un peu étrange, car on se demande ce qu'elle va livrer sur scène ce soir là, étant donné le silence depuis son unplugged sorti en 2002. Alors il est tentant d'aller voir ce qui s'y passera connaissant la performeuse, dommage toutefois que le show se déroule dans l'impersonnel P.O.P.B, une salle à dimension plus humaine aurait été souhaitable. Mais reconnaissons que devant son succès il est difficile d'attendre plus intime...Soyons heureux que ce ne soit pas le Stade de France!
Autre salle, autre artiste... Au New Morning, La mythique Sharon Jones entourée des Dap Kings viendra livrer son dernier album, après de nombreuses représentations dejà données dans toute la France. Sharon Jones c'est la soul comme on n'en fait plus beaucoup aujourd'hui, ça faisait bien longtemps que l 'on avait entendu un son aussi pur que Naturally . De plus, elle est connue pour ses shows énergiques, et on sait qu' en matière d' ambiance, le New Morning est synonyme de qualité. D' ailleurs, le festival All Stars s' y déroule durant le mois de juillet. Un petit tour par leur site si vous voulez plus d infos sur les nombreux bons concerts programmés.
Allez, faîtes votre choix, pour vous aider, deux dernières photos...

15:45 Publié dans Concerts, Funk, Soul | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musiques
mercredi, 29 juin 2005
The Soul Power All Stars
Une petite note pour présenter ou populariser le Soul Power All Stars, cette formation musicale faisant revivre les standards de la Soul des 60's et du Funk des 70's lors de ses nombreuses représentations scéniques aux cotés des plus grands noms de ces genres.
J' ai eu l' occasion (et la chance) de les voir par deux fois sur des scènes parisiennes. En mai 2005 au Tryptique alors qu' ils accompagnaient Pee Wee Ellis, et il y a quelques jours au Bataclan, à l' occasion de la première édition des Groove and Funky Night Sessions avec les J.B. Divas Marva Whitney et Martha High, ainsi que Gwen Mc Crae. Ils ont d' ailleurs aussi accompagné cette dernière recemment lors de sa venue au New Morning.
Le moins que l' on puisse dire, c' est qu' il s' agit d' excellents musiciens, capables de tenir la cadence auprès de légendes de la Black music tout en exprimant une énergie rare et indispensable à de bons live shows. Mais selon moi, leur plus grande qualité est leur capacité à s' adapter aux artistes avec lesquels ils jouent comme s' ils jouaient avec eux depuis 20 ans (enfin, j' imagine qu' ils les écoutent depuis 20 ans...). En effet, au concert du grand Pee Wee Ellis, par exemple, un spectateur ne les connaissant pas aurait facilement pu imaginer qu' il s' agissait des musiciens attitrés de celui qui a composé Cold Sweat tant leur performance était de qualité. Un clin d' oeil au bassiste Lars
Lehmann, qui à l' image du groupe allie qualité de jeu et présence scénique. Si cette note vous a donné envie d' en savoir plus, faîtes un petit tour du coté de chez Soulpower.info.14:40 Publié dans Funk | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques


























