mardi, 13 décembre 2005
Retour sur les concerts Funk et Hip hop du mois de novembre à Paris
Les festivals de Hip Hop dans la capitale sont assez rares, et ceux qui ont en mémoire le fiasco Hip Hop Don't Stop à Bercy en 2004 ne s'en plaindront sûrement pas. Cependant, les choses étaient assez différentes ici, puisque cela se déroulait cette fois à l'Elysée Montmartre et en partenariat avec Hip Hop Resistance, qui nous a offert de grands concerts ces dernières années.
Nous nous intéresserons ici aux performances des artistes américains, à savoir Scratch et The Alkhaoliks le 9 novembre, mais surtout Le crew D.I.T.C. et Public Enemy le 10. A noter que N.O.R.E. qui devait être là le 9 et Biz Markie qui devait assurer l'after du 10 au Bataclan ne sont pas venus.
Scratch, le Beat-Boxer membre des Roots, nous a présenté une performance originale, samplant sa propre voix en direct pour se créer un beat, pour ensuite se poser dessus. Tout simplement impressionnant. Son premier album solo, The Embodiment of Instrumentation, l'est d'ailleurs aussi, puisque les instrus sur lesquels ses nombreux invités prêtent leur voix sont presque exclusivement assurés par son beat-box. Probablement le meilleur moment de cette première soirée.
Pour clore ce premier jour, le trio californien The Alkaholicks, composé des Mcs Tash et J-Ro et du Dj E-Swift, a livré un show dans l'esprit du groupe, bières à la main, et jeunes filles sur scène pour le dernier morceau, Best U Can. Malgré un univers assez restreint, leur show était bien rôdé et entrainant, même si l'on peut dire que le public n'a pas été très réactif à leur prestation.
Le bilan de cette première soirée était globalement positif, sans pour autant être exceptionnel. Mais voilà, la deuxième soirée allait nous offrir un show que l'on peut qualifier d'anthologique, avec les performances du D.I.T.C. et de Public Enemy.
Après une première partie assurée par Al Peco, ayant eu la lourde tâche de mettre le public dans l'ambiance, le D.I.T.C. a investi la scène de l'Elysée. Représentés par O.C., Lord finesse, A.G., Diamond D, ainsi que DJ Roc Raida, l'un des magiciens membre des X-Ecutionners, ils ont été fidèles à leur réputation . Les meilleurs morceaux du crew et des membres en solo y sont passés, mixés par un Roc Raida en grande forme. Rien à redire, vraiment une prestation de qualité. De plus, la soirée était alors loin d'être finie, le meilleur restait encore à venir...
Contrairement à ce que les pessimistes prédisaient, Public Enemy s'est bien présenté au public de l'Elysée Montmartre au grand complet pour achever ce Getting Up Festival, et ce de la plus belle des manières.
Accompagnés de très bon musiciens (batterie, basse et guitare) et d'un DJ performant (Lord, successeur de Terminator X) les vétérans de P.E. ont livré un show énorme. L'infatigable Chuck-D a littéralement porté le groupe, aidé par Flavor Flav plus déjanté que jamais, et dans une moindre mesure par Professor Griff, nettement plus éffacé. Les deux représentants des S1-W présents ont ajouté au jeu de scène par leurs chorégraphies à base de pas militaires et de maniement de sabre. La plupart des titres qui ont fait leur histoire ont été interprétés, parmi lesquels 911 is a Joke, Fight The Power, Welcome to The Terrodome ou encore Shut Em' Down, à chaque fois accueillis par les cris du public. Leur prestation mêlant Hip Hop et Rock a emprunté l'énergie commune aux deux genres, pour un résultat impressionnant, nous rappelant par la même occasion qu'ils n'ont cessé depuis leurs débuts de fusionner ces genres.
Même s'ils sont toujours aussi hostiles aux pouvoirs en place (Bush au premier plan et Chirac pour l'occasion), ils sont apparus plus apaisés qu'auparavant. Chuck-D, porteur d'un message lucide sur les débordements qui avaient lieu en France, pointait notamment du doigt les média Anglo-saxons et leur traitement plus que douteux de l'information.
Visiblement heureux de revenir à Paris, le groupe toujours par l'intermédiaire de Chuck D, a témoigné son affection au public français, à qui un grand moment a été offert. Ce show a été clos par une démo à la batterie d'un Flavor Flav intenable, qui s'était jeté dans la foule quelques temps auparavant, et qui à l'instar de Chuck D n'a rien perdu de son énergie.
Un pari risqué mais tenu pour Hip Hop Résistance et les autres organisateurs qui nous ont offert un festival globalement reussi, même s'il est vrai que les meilleurs moments ont eu lieu le second soir.
C'est dans un Bataclan qui affichait complet que le saxophoniste de génie s'est présenté à son public parisien. Pendant plus de deux heures, ll a livré une performance impressionnante, alternant judicieusement entre une présence valorisant le reste du groupe, des moments chantés, et les fameux solos de saxo qui donnaient la certitude de n'avoir rien perdu avec les années.
Il a offert au public différents hommages, comme celui à James Brown avec Pass the Peas et celui à George Clinton avec la reprise du célèbre refrain de Mothership Connection, n'oubliant pas ceux avec qui il a pu partager ses premiers moments sur scène. Pour l'occasion notons que Maceo s'était d'ailleurs entouré de Marta High, célèbre choriste de James qui partagait avec force, malgré sa prestation restreinte l'énergie des musiciens. Il a également rappelé en mémoire le célèbre Georgia de Ray Charles, paré de ses lunettes noires, il a interprété le morceau de façon fidèle à la prestance de l'artiste. A relever aussi la présence de son fils Corey qui reprend à sa manière la tradition familiale, ses apparitions amenant une note hip hop aux rythmes funky de son père. Il nous a également gratifié d'extraits de son dernier album, School's In, comme Advanced Funk ou encore To Be or Not To Be, qui a bénéficié d'une mise en scène amusante, une des membres du staff venant déclamer en costume des fameux vers de Shakespeare.
Le groupe époustouflant, à l'image de leur leader, a fait preuve d'une maitrise extraordinaire, due en grande partie à l'experience de Geg Boyer (trombone), et à l'énergie inépuisable du clavier. Tout était donc parfaitement orchestré pour un show à la hauteur du talent de cette légende du funk.
GWEN McCRAE LE 22 NOVEMBRE
Gwen Mc Crae fait partie des artistes qui malgré un relatif silence discographique continuent de faire exister la soul et de
donner du plaisir sur scène au public. Elle a assuré sa cinquième apparition cette année dans la capitale ce 22 novembre à la Scène Bastille, après ses passages au New Morning en juillet (une prestation qu'il faut relever puisqu'elle donnera lieu à la sortie prochaine d'un cd live). On l'a également retrouvée auprès des JB Divas et de Roy Ayers (lors de la première édition des Groove And Funky Nights au Bataclan). Elle est toujours accompagnée du même groupe, The Soul Power All Stars, qui a suivi cette année des légendes du Funk et de la Soul, les JB Divas, la defunte Lyn Collins ou encore Pee Wee Ellis, et qui contribue d'ailleurs largement à la qualité des shows.
C'est dans une salle presque trop remplie qu'elle est arrivée pour livrer au plublic une performance énergique. Sa voix rauque et éraillée rappelant parfois celle de de James Brown nous replonge dans la soul des années soixante, elle se pose magnifiquement sur des titres comme 90% of me is you, que la salle entonne volontiers. Gwen Mc Crae chante avec force devant le regard complice des musiciens qui servent totalement sa performance.C'est avec une émotion non dissimulée qu'elle recoit les manifestations chaleureuses du public à l'écoute de ses morceaux. Un concert agréable, qui démontre les qualités intactes de la Queen of Rare Groove.
Infatigable, elle a promis de revenir dans la capitale dès l'année prochaine. D'ici là, son premier album live enregistré cette année au New Morning sera sorti, pour le plaisir de ses admirateurs, particulièrement ceux qui ont eu la chance d'être à ses concerts.
Malgré un état de santé plus que préoccupant ces derniers temps, Jay Dee a tenu à assurer sa tournée en Europe. C'est donc dans une atmosphère chargée en émotion qu'il s'est présenté au Nouveau Casino en chaise roulante, très amaigri et visiblement souffrant. Beaucoup de choses concernant ses problèmes de santé ont circulé sur le net ces derniers temps, et même s'il est difficile de savoir ce qui est vrai ou pas, il est évident qu'une personne dans son état devrait se soigner et se reposer plutôt qu'assurer une tournée. Cependant, si sa volonté est d'être auprès de son public, on ne peut que la respecter, et saluer son courage.
Après la première partie assurée par Dj Gero, c'est DJ Rethmattic, membre du groupe The Visionnaries qui par son talent nous a fait oublier l'absence de J-Rocc, initialement prévu pour cette soirée. Son set, durant lequel il a fait apprécier sa technique sur quelques classiques du Hip Hop, a ouvert cette soirée de belle manière. Frank N Dank suivis de Phat Kat sont ensuite arrivés, et même s'ils ne sont pas des bêtes de scène, l'énergie déployée et leur émotion apparente ont largement éffacé les lacunes techniques de leur prestation.
Ensuite, à la demande de l'organisateur, la foule s'est scindée en deux pour faire place à Jay Dee, accompagné de sa mère venue le soutenir. Son arrivée a constitué le moment le plus fort du concert, le public l'applaudissant sans cesse pour lui témoigner son affection et son soutien, certains d'entre nous ne pouvant s'empêcher de verser une larme. Encore une fois, son courage est à souligner, puisque il est resté plus de 30 minutes sur scène à poser sa voix sur des extraits d'innombrables morceaux d'anthologie qu'il a offert au Hip Hop, comme ceux qu'il a produit pour Common, A Tribe Called Quest, De La Soul, The Pharcyde ou encore sa récente collaboration avec Madlib, Champion Sound.
Ce concert était un évènement particulier, les mots ne sont pas suffisants pour le décrire, et tous ceux qui y ont assisté ne sont pas prêts de l'oublier. Pour voir de nombreuses photos du show, rendez-vous ici. Evidemment, nos pensées vont à Jay Dee, à qui nous souhaitons de se rétablir au plus vite. Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Hip Hop Résistance pour cette soirée mémorable, et pour tous les shows de qualité qu'ils ont su entreprendre ces dernières années, malgré des moyens que l'on imagine restreints.
Si l'ont ajoute à ces évènements le concert de Jaguar Wright relaté récemment, et ceux non vus comme Tower Of Power au Bataclan, on peut dire que le public parisien amateur de ces musiques aura été gâté le mois de dernier, et ceux qui ont vu ces concerts auront de nombreux souvenirs en tête pour longtemps...
23:43 Publié dans Concerts, Funk, Hip Hop, Soul | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musiques
vendredi, 18 novembre 2005
Jaguar Wright au...Canal Opus le 12/11/2005
C'est donc finalement au Canal Opus que s'est déroulé ce concert initialement prévu au Casino de Paris. Le groupe Kindred qui devait l'accompagner en Europe s'étant désisté, c'est avec Keke Wyatt que Jaguar s'est présentée devant un public parisien restreint. Via son site et son standard téléphonique, le Casino annonçait l'annulation de l'évènement et c'est par hasard que j'ai appris le changement de salle sur le forum du site Only Groove quelques heures à peine avant le début du concert. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'organisation a quelque peu laissé à désirer. En effet, outre la modification de l'affiche, la communication a été quasiment nulle sur ce changement de salle assez surprenant, qui modifie considérablement l'atmosphère du concert. Et vue l'affluence au Canal Opus, on peut imaginer que certains n'ont pas eu accès à la bonne information.
Les portes de la salle se sont ouvertes vers 21 heures, mais Jaguar n'est arrivée sur scène que deux heures plus tard...peut-être a-t-elle eu des difficultés à trouver la salle! Entre temps, une chanteuse originaire de Philadelphie prénommée Basheera s'est chargée de faire patienter le public. Accompagnée d'un derbouka et d'une guitare, elle nous a fait découvrir sa voix agréable sur ses compositions et des standards de la soul comme Killing Me Softly. Elle a su créer une complicité avec le public, en partageant sa conaissance (très approximative) de la langue française et en invitant un spectateur a danser avec elle.
Aux alentours de 22h30, Keke Wyatt est arrivée sur pour assurer la première partie du show. N'étant pas un inconditionnel de cette chanteuse il est difficile d'évaluer sa performance. Néanmoins, entourée des musiciens de Jaguar, elle a livré une bonne prestation, en simplicité, malgré un micro au volume un peu faible comparé à la musique.
Ce n'est qu'après 23 heures que Jaguar Wright a débuté son show et nous a fait oublier les déconvenues relatives à l'organisation de cette soirée. Voir une artiste de sa qualité, dotée d''une telle puissance vocale, dans un club comme l'Opus, sympathique mais étroit et donc en public restreint, est un réel privilège.


Le set était largement composé d'extraits de son premier opus, Denials, Delusions and Decisions comme The What If's, Stay ou encore Self-Love, magistralement interprété à la demande du public. Elle nous a aussi offert quelques titres de Divorcing Neo to Marry Soul, son dernier album, notamment Free, le premier extrait, qui semble avoir été particulièrement apprécié de certains spectateurs. A l'image de ses lyrics, sa façon de chanter est brute, et lorsque sa voix monte en puissance, c'est davantage pour exprimer ses émotions que pour démontrer ses capacités. Son groupe (batterie, basse, guitare et clavier) était performant, bien qu'ayant semblé manquer d'espace sur scène, il a su orchestrer les morceaux de belle manière.
Avant de finalement quitter la scène vers 00h30, elle a invité Keke Wyatt à la rejoindre pour un duo sympathique qui a cloturé ce show qui restera mémorable tant pour les conditions difficiles de son organisation, que pour sa qualité et l'ambiance intimiste qui l'a caractérisé.
Pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de la voir en live, voici un extrait du MTV Unplugged de Jay-Z, avec les Roots comme musiciens et Jaguar en choriste de luxe. Une performance remarquée qui a contribué à faire connaître sa voix unique d'un public plus large.
Heart of the City (Ain't No Love)

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lundi, 17 octobre 2005
Sharon Jones & The Dap Kings: Concert à l'Elysée Montmartre (12/10/2005)
Généralement, un concert commence par une interminable attente et une première partie rarement de grande qualité... Et bien dans ce cas précis non. Arrivant devant l'Elysée alors que Miss Sharon Jones débutait par How Do I Let A Good Man Down, c'est au pas de course que se sont enchainées les marches menant au devant de la scène. En effet, le show a commmencé avant l'heure indiquée sur les billets. Ayant donc raté la première partie, nous retrouvons l'artiste dans une énergie phénoménale, au milieu d'un des titres phares de son dernier opus. La salle resteinte pour l'occasion et le placement des Dap-Kings groupés près de la chanteuse créent une ambiance intime. Sur scène, Sharon ne fait pas simplement preuve d'un immense talent vocal, elle habite les rythmes que lui offre son groupe, dansant sur toutes les chansons. Elle a d'ailleurs gratifié le public d'une démonstration appréciée des styles qui ont marqué sa jeunesse, passant en revue Boogaloo, Jerk, Funky Chicken, Mashed Potatoes et bien d'autres.


Le concert était majoritairement composé de morceaux extraits de Naturally, How Long Do I... et Fish In My Dish entre autres, mais on a aussi retrouvé des titres comme Genuine ou Pick it Up, orchestrés par des Dap-Kings totalement à son service, presque éffacés derrière son charisme. Sa présence mérite d'être soulignée, elle "occupe" la scène comme peu d'artistes, par exemple sur Your Thing is a Drag, et il en devient même difficile de détourner ses yeux d'elle, ne serait-ce que pour apprécier la qualité du groupe. Elle nous a aussi offert une interprétation libre de l'immense Respect, restant fidèle au funk des années 60, qui fût peut-être le moment le plus intense de ce concert. Comme à l'acccoutumée, un passage a été consacré à l'expression de son opposition à la politique de son gouvernement sur les titres This Land is Your Land et Taxes, où elle jouera pendant l'intro de ce dernier une rencontre improbable avec Bush.
Le public conquis l'a rappelée par deux fois, et s'il est vrai que le show n'a pas été excessivement long, il aurait été difficile d'en demander plus, étant donnée l'energie dont elle a fait preuve. Sharon Jones nous a montré qu'elle est l'une des authentiques représentantes de le Soul et du Funk aujourd'hui.
Pour une petite idée de la qualité de ses performances scéniques, rendez-vous sur le site de Daptone Records, qui comporte quelques videos et de nombreuses photos live. Ecoutez aussi ce morceau extrait d'un concert à Charlottesville (USA) cette année.
03:35 Publié dans Concerts, Funk, Soul | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : musiques
mercredi, 17 août 2005
10 disques Soul-Funk parus entre 1995 et 2005.
Il est certain que la Soul et le Funk ont connu leur apogée dans les années 60-70, et la liste de lives publiée précédemment en témoigne largement. Néanmoins, au milieu des années 90, différents artistes ont tenté de renouveler ce qui fût initié à l'époque. Certains des disques présentés ont été catalogués Nu-Soul (cette notion incluant un peu tout et n'importe quoi), d' autres reflètent des tendances différentes, ils ont pourtant en commun d'avoir tenté de remettre au goût du jour des sonorités peu à peu disparues. Tous ne sont pas des classiques indiscutables, mais au moins de bons albums faits par des artistes ayant une identité propre.
D'Angelo-Me&Those Dreamin' Eyes Of Mine Live At The Jazz Cafe(1995)

D'ANGELO BROWN SUGAR 1995:
Cet album peut être considéré comme précurseur de la tendance Nu-Soul. En effet, D'Angelo retourne vers un son peu à peu disparu depuis les années 80, il s'inspire des grands de la Soul, tout en renouvellant leur style. Pas de beats synthétiques pour D' lui même musicien, mais un véritable travail autour d' instrumentations épurées, sur lesquelles se pose sa voix si particulièrement colorée. L' album qui s'ouvre sur l'excellent Brown Sugar garde une intensité intacte jusqu'au bout. On se souviendra de Me and those Dreamin' Eyes of Mine, Smooth, et Cruisin' comme autant de preuves du talent de cet artiste, qui confirmera l'ampleur de ses qualités avec Voodoo. Ce deuxième album témoigne d'une ouverture à de multiples influences; peut-être plus réussi que le précédent il mériterait également sa place dans cette liste.

MAXWELL'S URBAN HANG SUITE 1996
Cet artiste originaire de Brooklyn est à l'instar de de D'Angelo l'un des artisans du renouveau de la soul au milieu des années 90. Dans un style plus conventionnel, proche de celui de Marvin Gaye, il adopte une posture romantique pour parler à la femme qu'il aime avec des titres comme Wherever Whenever Whatever ou Til' the Cops Come Knockin', et choisit aussi des ryhtmes plus sulfureux comme sur Sumthin' Sumthin' ou Ascension. C'est grâce au MTV Unplugged qu'il atteint une notoriété plus importante, dévoilant alors également toute l'étendue de ses qualités vocales. Ses deux autres albums studio, Embrya (1998) et Now (2001), qui témoignent de la même qualité ont su prouver que Maxwell est un artiste incontournable de cette nouvelle tendance de la Soul.
ERYKAH BADU BADUIZM, 1997:
Elle incarne l'orientation féminine de la Nu Soul, héritant d'un charisme propre aux grandes divas des 60-70's et dotée d'un timbre peu commun, elle laisse entrevoir un univers extravagant ou la mise en scène a son importance. Elle joue de sa voix, de son image et initie à des textes singuliers. Pas de demi mesure, son style peut faire des inconditionnels ou laisser hermétique. Les sonorités de l'album sont retenues, essentiellement soul et quelques petites touches jazz affleurent dans Other side of the Game. On trouve aussi des moments plus rythmés ou l'energie de l'artiste est plus sensible, avec Apple Tree et On & On. Sur ses albums suivants, elle fera évoluer sa musique; aprés le succès de Mama's Gun elle sortira Worldwide Underground, tentative plus experimentale qui surprendra une partie de son public.
BILAL 1ST BORN SECOND, 2001
Ce jeune artiste pour le moins excentrique débarque avec cet ovni aux frontières des genres, allant des productions de Dr Dre sur Fast Lane et Sally à la Soul psychédelique de Sometimes. En dehors des figures mythiques de la musique noire, ce disque a emprunté la voie initiée par D'Angelo sur Voodoo, avec qui ce 1st Born Second tient la comparaison. Sa voix, capable de variations insoupçonnables, s'adapte à tous les styles. Le début de l'album est imprégné de Hip Hop, Common et Mos Def collaborent d' ailleurs au morceau Reminisce. La seconde partie est plus apaisée, composée de titres tels Queen of Sanity ou When You Will Call. Un premier essai très concluant pour cet artiste dont on espère rapidement un nouvel album.
JILL SCOTT EXPERIENCE 826+, 2001:
Cette chanteuse issue de Philadelphie est une des voix marquantes de la Soul actuelle. Au delà même de sa capacacité à adopter des tonalités multiples, c' est son charisme sur scène qui fait d'elle une artiste à part. Il est donc plus légitime de retenir son live, qui exprime davantage que les deux volumes studios Words and Sounds sont talent. Se mettant certaines fois dans la posture d'une véritable oratrice, sur Thickness par exemple, elle entretient une complicité privilégiée avec son public. Les titres du premier opus Who is Jill Scott sont réarangés pour l'occasion, orchestrés par son groupe Fatback Taffy de la plus belle des manières. Elle donne une seconde vie à des morceaux comme Slowly Surely, Gettin' In The Way et One Is The Magic Number. En plus des enregistrements en live se trouvent sur un second disque des inédits studio intéressants, avec des arrangements travaillés plus proches de son album précédent.

PRINCE ONE NITE ALONE...LIVE, 2002:
Inutile de présenter Prince, qui a été sur le devant de la scène jusqu'au début des années 90. Des problèmes avec sa maison de disques le contraignent alors à une période de silence. Il réapparaitra à la fin de années 90, d'abord avec Rave Un2 the Joy, mais c'est véritablement avec Rainbow Children qu'il achève son retour, retrouvant des orientations musicales dont il s'était quelque peu détourné. Ce live reprend une partie des chansons de ce disque, Muse 2 the Pharaoh ou Family Name et quelques uns des ses anciens titres, par exemple Raspberry Beret et Diamonds & Pearls. Accompagné par son groupe NPG au grand complet, avec comme invité de luxe Maceo Parker, il nous offre une des meilleures performances live jamais enregistrées, avec en plus sur un troisième CD aves des extraits d'aftershow et des invités comme George Clinton ou Musiq. Du grand Art.
MESHELL NDEGEOCELLO COMFORT WOMAN, 2003:
Dernier album en date de la talentueuse Meshell, qui se consacre désormais à une carrière de bassiste, entourée de groupes comme Spirit Music Sextet et Spirit Music Jamia. Elle délaisse en effet l'interprétation vocale pour retrouver une place moins exposée au sein d'une formation musicale. Confort Woman se ressent alors comme l'aboutissement de sa carrière de chanteuse, après les talentueux Faithfull ( 1999) ou Cookie: The Anthropological mixtape (2002). Elle s'ouvre ici à des tendances diverses, utlisant des couleurs reggae notamment sur Good Intentions. Elle choisit de travailler les sonorités soul pour les mettre au sevice d 'un univers cosmique, le solo de basse sur Fellow Ship en témoigne largement. Sa voix tout en retenue, presque murmurante laisse place a de nouvelles trouvailles instrumentales comme sur Love Song. Un album difficilement classable, qui achève de faire de Meshell une artiste complète et inimitable.

KENDRA MYRIADMORPHONIC BIOCORPOMELODICREALITY SHAPESHIFTER, 2003:
Cette artiste fait partie des P-Funk All Stars, la formation de George Clinton. C' est l' une des représentantes de la jeune génération du groupe, qui contribue à l'évolution de ses sonorités. Cet album est l' une des trop rares productions de Clinton ces dernières années, et à son écoute on se rend compte que c' est bien dommage... A l'image du groupe, Kendra aborde plusieurs styles musicaux, et ce avec reussite. Certains titres tels Mrs Marley et Happenstance peuvent être qualifiés de Nu-Soul, mais certains autres comme In Our Minds ou Save Your Love For Me témoignent d' un univers musical plus étendu. Les guitares sur Possession-Free Philosophy ne sont pas sans rappeler Funkadelic, et l' ensemble des P-Funk est présent sur Bounce To This extrait d' un live à San Diego. Si vous voulez découvrir des morceaux de cet excellent disque injustement méconnu, c' est par ici.

AMP FIDDLER WALTZ OF A GHETTO FLY, 2004:
Voici un autre artiste qui a fait partie de P-Funk, mais qui a aussi apporté son talent à d' autres, Prince par exemple. Formé à la bonne école, cet excellent joueur de claviers a sorti son premier projet solo en 1990, With Respect, qui n' a malheuresement pas rencontré de succès public malgré ses qualités. Après diverses collaborations en tant que musicien et producteur, contribuant à le faire connaître du milieu musical, il sortira Waltz of A Ghetto Fly en 2004, qui lui apportera une plus grande notoriété publique. On y trouve d' intéressants invités, par exemple Raphael Saadiq qui a co-écrit Dreamin', J-Dilla à la production sur certains titres, et l' inévitable George Clinton en featuring sur Waltz Of A Ghetto Fly (qui cache d' ailleurs un autre morceau). I Believe in You, Superficial et Eye To Eye sont autant de témoignages des ses influences, Sly Stone ou Isaac Hayes entre autres. Il est en plus très bon sur scène, mais c' est la moindre des choses quand on a été membre des P-Funk!

SHARON JONES & THE DAP-KINGS NATURALLY, 2005:
Sharon Jones a connu une carrière plutôt atypique, débutant très tôt une expérience scénique au côté d'artistes talentueux, notamment Maceo Parker. Ce n'est pourtant qu'au début des années 90 qu'elle propose des titres en solo. Engageant une tournée internationale avec les Soul Providers rencontrés au sein du label Desco Records, elle découvre la popularité de sa musique en Europe. C'est peu de temps après qu'elle signe son premier album, Dap Dippin' with Sharon Jones & The Dap-Kings en 2002 chez Daptone Records, puis Naturrally en 2005. Ce dernier, succès critique, l'a véritablement couronnée reine du Funk. Et il y a de quoi, puisque c' est un classique qui renoue avec les origines du genre, presque oubliées ces vingt dernières années. Il est difficile de citer des titres, ils sont tous excellents. Une petite préference pour How Do You Let a Goodman Down?, My Man Is a Mean man, et This Land Is Your Land. Elle a donné un nombre considérable de concerts cette année, particulièrement en France où elle sera encore présente à la rentrée. Incroyable!
Comme dans toute liste, il faut s' arrêter à un moment et certains excellents disques n'ont évidemment pas pu être mentionnés. Peut-être feront-ils l' objet d' une note dans le futur...
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vendredi, 29 juillet 2005
N'Dambi, Une voix méconnue de la Soul actuelle
N’Dambi, originaire de Dallas, s’est très tôt familiarisée avec la musique . En effet, élevée par des parents pasteurs, elle est vite initiée au plaisir du gospel mais aussi du piano. Sa famille, ouverte à la diversité, manifeste la volonté de l’habituer à de multiples genres, la country que son père lui fait découvrir notamment.
Elle commencera à exercer sa voix à l' eglise, et plus tard lors de différents concours. C’est d’ailleurs lors d' une audition qu’elle rencontre Erykah Badu avec qui elle se lie d’amitié. Badu ayant été la première à se faire connaître dans le monde de la musique, elle propose naturellement à son amie de collaborer à ses projets. Elle apparaîtra donc sur Baduizm, son premier disque, mais aussi sur le live qui suivra et lors des différents shows qu’ elle donnera.
Après quelques temps passés dans l’ ombre de Badu, c’ est tout naturellement qu’ elle va se concentrer sur sa propre carrière. Ce sera chose faîte en 1999 avec Little Girl Lost Blues son album solo. Ce qu’ il faut préciser, c’ est qu’ il est sorti sur Cheeky-I Productions, structure indépendante qu’ elle a montée, ce qui explique sa faible notoriété, mais lui confère une liberté artistique que beaucoup doivent lui envier. Cet album évoque naturellement la Soul des années soixante, dans un style Jazzy qui la distingue des artistes « Nu-Soul » de sa génération.

Dans la même lignée sortira Tunin Up & Cosignin fin 2001, un double CD offrant des versions inédites de ses premiers titres, ainsi qu’ une dizaine de nouvelles chansons, enregistrées lors d’ une session en studio avec son groupe Camp Wisdom.

L’ album s’ ouvre sur Ode To Nina, superbe hommage à Nina Simone, l’ une de ses influences. Ensuite, N’ Dambi nous fait voyager entre Soul, Jazz et Gospel sur des morceaux d’ une pureté rare, loin de la surenchère propre à de nombreuses productions actuelles. Des titres qui pourraient être des classiques de la Soul des sixties (Day Dreamer, See U In My Dreams ou Deep par exemple) côtoient des sons plus actuels (Hot Pearl C ou Black star) toujours épurés pour le bonheur de nos oreilles. Il s’ agit donc de l’ un des trop rares disques depuis trente ans à ne pas usurper l’ étiquette Soul, et il mérite définitivement d’ être plus connu du grand public. Lors de l’ édition 2004 du Nice Jazz Festival, sa voix a tellement conquis les spectateurs qu’ elle a été réinvitée cette année pour une performance qu’ elle a donné le 23 Juillet.
Sachez pour finir que son troisième album A Weird Kind Of Wonderful devrait voir le jour d’ ici la fin 2005; vous trouverez évidemment des informations sur son site officiel, et celui de Cheeky-I (actuellement en construction).
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vendredi, 08 juillet 2005
10 albums "Live" Soul-Funk inoubliables
Une grande partie de ce Blog étant consacrée à la musique sur scène, une première selection d' albums live s' imposait. C' est chose faîte ici, avec ces disques de légende de la grande époque du genre Soul-Funk (1960-1980), qui nous rappellent que le pouvoir de la musique, c' est de créer un lien entre un artiste et son public. Bien sûr, cette liste n' est pas exhaustive, certains diront que des incontournables manquent à l' appel, mais lorsque l' on s' est fixé une limite de dix disques, il faut bien faire des choix. Pardon donc pour les non-mentionnés et place à la selection!
James Brown: Live at the Apollo, 1962
Il s'agit du premier album de James, en live donc, accompagné des Famous Flames. C' est l' album In Person de Ray Charles paru en 1959 qui lui en donna l' idée. Après des 33 tours remarqués ("Try Me", "Please, Please, Please"...) c'est avec ce disque qu'il atteindra un premier grand succès public (66 semaines dans les charts); il deviendra alors "The Hardest Working Man In Show Business". C' est dans un Apollo survolté qu' il a livré ce midnight show, qui est peut-être son meilleur album, et qui reste encore aujourd'hui LA réference en matière de Lives. Il existe bien sur d' autres lives mythiques de Mr Dynamite comme celui de l' Apollo le 25 juin 1967 en compagnie des JB'S (Pee Wee Ellis et Maceo Parker notament) , ou le Love Power Peace à l' Olympia avec Bootsy Collins au sein du groupe, mais celui de 1962 s' impose pour son impact sur la musique contemporaine.

Otis Redding In Person At The Whisky A Gogo, 1966
Ce Live, enregistré à Los Angeles sans les MG's qui étaient en studio à l 'époque ne contient peut-être pas tous les standards d' Otis, mais on y retrouve "These Arms Of Mine"," Mr Pitiful", "Pain in my Heart" et "I Can't Turn You Loose" entre autres. Il y a aussi des reprises interéssantes, dont "Papa's Got A Brand New Bag" de James Brown et "Satisfaction" des Rolling Stones. Cette dernière prend d' ailleurs une dimension Rythm & Blues inédite. Malheureusement, Otis disparaitra l' année suivante, à 26 ans, laissant derrière lui malgré son jeune âge une oeuvre importante, dont ce live qui est le témoignage audio le plus proche de ce qu' il pouvait offrir sur scène, avec ses 10 musiciens et choristes. Petite anecdote, Bob Dylan était dans le public le soir du premier show pour lui offrir des chansons.

Jimi Hendrix Band Of Gypsys1969-1970
Dernier album paru de son vivant, ce chef d' oeuvre allait peut-être marquer un tournant dans la carrière d' Hendrix. Après la séparation de son groupe Experience et des difficultés à retrouver une formation musicale, c' est avec le talentueux batteur et interprète Buddy Miles et le bassiste Billy Cox qu' il formera le Band of Gypsys. Le groupe livrera en tout et pour tout quatre performances en deux soirées au Fillmore East, les 31 décembre 1969 et 1er janvier 1970. Au carrefour des genres Soul, Funk et Rock, avec une nette touche Rythm & Blues, perceptible dans les compositions d' Hendrix "Power Of Soul" et "Message To Love", propagée aussi dans celles de Buddy Miles "Changes" et "We Gotta Live Together", ce disque est un monument de la musique contemporaine.

Gil Scott-Heron, Small Talk at 125th And Lenox, 1970
Un disque particulier, puisqu' il ne s' agit pas de musique Soul ou Funk, mais de Spoken Word, autrement dit de poésie scandée, ici rythmée par des percussions la plupart du temps. Si ce disque figure dans cette liste, c' est pour son impact sur la musique des années suivantes, notament la naissance du Hip Hop quelques années après. En effet, les textes engagés de Gil Scott Heron dans la lignée des mouvements contestataires des 60's et des 70's comme les Black Panthers n' ont cessé, au même titre que ceux des Last Poets, d' inspirer les génerations de Emcees qui suivirent. Un des grands moments de Poésie du XXème siècle.

Curtis Mayfield Live, 1971
Enregistré au Bitter End, célèbre salle New-Yorkaise, en janvier 1971, c' est le deuxième album solo de Curtis Mayfield. Il est composé de titres de son premier album Curtis, et de reprises des Impressions magnifiquement ré-orchestrées dans un style plus Funk. L' ambiance intimiste particulière à la salle, le groupe minimaliste, la performance de Curtis à la guitare et sa voix envoûtante font de ce live un des grands moments de sa carrière et de la Soul music.

Funkadelic, Live Meadowbrook, Rochester, Michigan September 12th 1971
Ce show est le premier Live du fameux groupe initié par George Clinton. Ce concert ne s' est pas déroulé dans les meilleures conditions possibles. En effet, le guitariste Harold Beane et le batteur Tyrone Lampkin ont intégré le groupe ce soir là sans pratiquement répéter, ce qui explique le relatif bordel durant le show. Néanmoins, ce concert témoigne de la faculté d' improvisation du groupe, et puis rien que la version extented de 15 minutes de "All Your Goodies Are Gone" fait de ce disque un must.

Ike and Tina Turner, Live In Paris Olympia 1971
Avec l' aide des Rolling Stones, ils ont atteint une plus grande notoriété, aux Etats-Unis et en Europe, tout en "posant" leur style, beaucoup trop brut pour le grand public auparavant. A Paris, ils ont proposé au public une authentique Review, composée de standards de l' époque interprétés magistralement par Tina et Ike, épaulés par les Kings Of Rythm et les Ikettes. Certains titres prennent une dimension supplémentaire grâce à la personnalité de Tina, notament "Son Of A Preacher Man" de Dusty Springfield qui devient une nouvelle chanson, empreinte de la soul et du blues de Tina. Elle s' approprie aussi "Come Together" des Beatles et rend un bel hommage a Otis Redding sur "I've Been Loving Too Long". Un beau concert.

Donny Hathaway, Live 1972
Enregistré en partie au Troubadour à Hollywood, et au Bitter End de New York tout comme le live de Curtis Mayfield présenté un peu plus haut, ce disque nous présente le même style d' ambiance intimiste. Donny mélange ses propres compositions comme "The Ghetto" ou "Little Ghetto Boy" a des standards comme "What' s Going On" de Marvin Gaye sur lequel s' ouvre le disque, "You've Got A Friend" de Carole King où la communion avec le public est à son paroxysme, ou encore "Jealous Guy" de John Lennon. Toutes les interprétations sont superbes. Les 13 minutes de "Voices Inside (Everything is Everything)" closent magnifiquement ce disque sur une note Funky. Ici encore, le mention chef d' oeuvre n' est pas exagérée, Donny Hathaway avait vraiment quelquechose de particulier qui se ressent à l' écoute du disque.

Isaac Hayes Live At The Sahara Tahoe 1973
Ce double album classique présente Isaac Hayes au meilleur moment de sa carrière, deux ans avant la fin de l' aventure avec le label Stax en 1975 et les "dérapages" qui suivirent. Toujours est-il que "Black Moses" était au sommet en 1973, et ce disque sur lequel il interprète ses succès des années précédentes, comme le "Theme From Shaft" ou "Ellie's Love Theme", en est la preuve irréfutable. Un mélange savamment dosé de Funk ("Do Your Yhing" par exemple), de love songs ("It's Too Late") ainsi que quelques reprises ("Use Me" de Bill Withers et "Light My Fire" des Doors) font de ce disque un grand album live.

Marvin Gaye, Live at The London Palladium 1976
Il était presque inconcevable de clore cette liste sans mentionner le grand Marvin Gaye. Il était déjà largement tourmenté par ses problèmes personnels et toujours aussi effrayé à l' idée de monter su scène à l' époque de ce disque. Lors de ce show, toute sa carrière est passée en revue sur les trois medleys. C' est d' ailleurs l' un des défauts de ce disque: certains des incontournables tels "You're a Wonderful One", "Inner City Blues" ou "What's Going On" ne sont pas présentés dans leur intégralité. Il y a aussi le problème des duos que la performance très moyenne de Florence Lyles peine à mettre en valeur. Mais il reste à ce live une ambiance particulière, une atmosphère chargée d' émotion, et l' interprétation magistrale Marvin, en particulier sur "Let's Get It On" et "Trouble Man".
Voilà, c' est déjà fini, c' était très agréable de passer tous ces beaux albums en revue en les réecoutant. Evidemment, je voudrais en mettre dix de plus, mais il faut bien s' arrêter à un moment. En ésperant que ceux qui consulteront cette selection (re)découvriront les perles que sont ces disques.
23:20 Publié dans Funk, Listes de disques, Soul | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musiques
jeudi, 07 juillet 2005
Lauryn Hill: Concert à Bercy le 05/07/2005
PETIT RAPPEL:
Dilemme du 5 Juillet: Le même soir, Lauryn Hill et Sharon Jones étaient sur scène. La première se produisant à Bercy et la seconde au New Morning. La primeur de la mise en vente des places étant réservée à Lauryn Hill, c'est donc l' ignorance de la venue de Sharon Jones qui imposa le choix. Eh oui, plus d'hesitation possible les places en poche.
Le concert a commencé vers 21 h 45, dans une salle remplie aux deux-tiers par des spectateurs visiblement excités à l' idée de voir Lauryn, mais relativement crispés par son arrivée tardive. Néanmoins, dès son entrée, c' est un public conquis qu' elle a trouvé. Il faut préciser qu' il s' agissait pour elle d' un retour sur scène après presque trois années de silence. Mais ce "come back" ne visait pas réellement à présenter de nouvelles oeuvres. En effet, la plus grande partie du show était consacrée à l' interprétation de ses succès anterieurs, période Fugees et solo confondus (Fu-gee-la, Ready or Not, killing me Softly, Doo-Wop, Zion, Water et d' autres), ce qui n'a laissé que peu de place à de nouveaux titres. La performance vocale et scénique était toutefois de qualité, soutenue par des musiciens parfaitement au point. Ils ont sû valoriser les titres, notamment ceux de la période Unplugged qui ont béneficié d' arrangements énergiques très efficaces, et c' est avec beaucoup de plaisir que l' on a entendu à nouveau ses (déjà nombreux) classics. Rien à dire, l' artiste n' a évidemment rien perdu de ses qualités durant sa courte absence.
C' est tout de même avec un sentiment mitigé que j' ai quitté la salle. J' attendais un peu plus qu' un concert "best-of" de la part de Lauryn Hill à ce moment de sa carrière. Evidemment, il était vain d' ésperer un live composé de nombreux inédits, en revanche quelquechose d' un peu plus "original" de la part d' une artiste aussi talentueuse qu' elle aurait été souhaitable. Maintenant, je n' attends qu' avec plus d' impatience l' arrivée de nouveaux projets de sa part, en considérant ce concert comme le début d' un autre chaptire de sa carrière, aprés une période de doute relative à sa place dans le business de la musique.
Malgré cela, il serait faux de dire que cela n' a pas été plaisant, l' ensemble du public a semblé largement satisfait par ce show, mais je ne peux m' empêcher de me dire que ce soir là, c' était plutôt du coté du New Morning et de Sharon Jones que j' aurais trouvé ce que je recherchais...
02:50 Publié dans Concerts, Hip Hop, Soul | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : musiques
jeudi, 30 juin 2005
Dilemme du 5 Juillet: Sharon Jones ou Lauryn Hill?
Deux générations de la musique noire à Paris ce soir là. En effet la belle Lauryn Hill, revient sur scène pour un concert à Bercy. Un peu étrange, car on se demande ce qu'elle va livrer sur scène ce soir là, étant donné le silence depuis son unplugged sorti en 2002. Alors il est tentant d'aller voir ce qui s'y passera connaissant la performeuse, dommage toutefois que le show se déroule dans l'impersonnel P.O.P.B, une salle à dimension plus humaine aurait été souhaitable. Mais reconnaissons que devant son succès il est difficile d'attendre plus intime...Soyons heureux que ce ne soit pas le Stade de France!
Autre salle, autre artiste... Au New Morning, La mythique Sharon Jones entourée des Dap Kings viendra livrer son dernier album, après de nombreuses représentations dejà données dans toute la France. Sharon Jones c'est la soul comme on n'en fait plus beaucoup aujourd'hui, ça faisait bien longtemps que l 'on avait entendu un son aussi pur que Naturally . De plus, elle est connue pour ses shows énergiques, et on sait qu' en matière d' ambiance, le New Morning est synonyme de qualité. D' ailleurs, le festival All Stars s' y déroule durant le mois de juillet. Un petit tour par leur site si vous voulez plus d infos sur les nombreux bons concerts programmés.
Allez, faîtes votre choix, pour vous aider, deux dernières photos...

15:45 Publié dans Concerts, Funk, Soul | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musiques
lundi, 27 juin 2005
Jill Scott: une vraie Soul sister
Jill Scott nous vient de Philadelphie, l'une des villes américaines au centre du mouvement Hip Hop et du renouveau de la Soul dans les années 90. Les noms des Roots, James Poyser, D'Angelo, Jaguar Wright (ainsi que bien d' autres...) témoignent à eux seuls de la creativité de Philly en matière de musiques urbaines. Les Roots remarquent la demoiselle qui ecrira même pour eux le refrain de you got me chanté par Erykah Badu.
Deux albums plus tard (les deux volumes Words ans Sounds), elle s' est imposée comme l' une des figures du mouvement Nu-Soul, mais c' est sur scène que l' on se rend compte du charisme et du talent de cette artiste, qui s' impose dès lors comme une figure de la Soul tout court.
Tout ceux qui ont assisté à ses concerts à l' Elysée Montmartre en 2002 et 2004 connaissent la qualité de ses musiciens, qui sont a la hauteur du talent de la diva (quel batteur, et même pas 20 ans en plus...) et qui font de ses spectacles des évènements immanquables...vous êtes prévenus!!
00:10 Publié dans Soul | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques
dimanche, 26 juin 2005
Meshell Ndegeocello
Meshell live in Paris:
Trois concerts et un tournant artistique
Pour la promotion de
Cookie: The Anthropological Mixtape, Meshell se produit à l'Elysée Montmartre en 2002.
Un concert aux accents soul, a conquis un public remercié par des roses que l'artiste a fait circuler dans la salle. Elle a livré une version soft de Cookie, album aux résonnances plutôt funk, aidée par Kalyn, fervent complice de Meshell et qui pour l'occasion endosse à merveille le rôle de choriste. Une performance tout en retenue...Devant, elle altèrne les séquences de chants avec cette voix chaude et grave et les solos de basse. Maitrise parfaite des deux arts...
Après le magnifique Confort Woman, Meshell forme les Spirit music Sextet qui se produiront deux soirées dans le fameux club de Jazz Parisien, le New Morning(en juillet 2004).
Un tournant pour Meshell qui quitte le devant de la scène, pour servir le groupe de son fameux son de basse.
une performance tout en retrait, qui semble lui convenir davantage. Un plaisir non dissimulé...Un free- jazz très expérimental livré par de bons musiciens, qui aura satisfait davantage les amateurs du genre. Une autre facette de l' artiste a été présentée ce soir là. Dans la même perspective instrumentale Meshell initie une autre formation, Le Spirit Music Jamia (qui compte des musiciens du Spirit Music Sextet, notamment Ron Blake, Saxo) qui se produira en concert le 20 mai 2005 à la Cigale.
Cette fois ils jouent l'album Dance of the Infidel, rendu plus funk pour le concert. La performance est plus energique, et l' absence des voix présentes sur l' album ne se fait absolument pas ressentir. La participation d' un percutionniste brésilien pour le moins habité a largement contribué a l' ambiance de ce concert. En ce qui concerne Meshell, elle semble définitivement à l' aise dans son rôle de bassiste de luxe, délaissant le chant pour livrer un jeu incroyable entièrement dédié à son groupe.
Pour conclure, cet épisode de la carrière de Meshell Ndegeocello nous permet d' apprecier encore mieux le talent de cette grande artiste, mais sans que l' on arrive à oublier une seconde sa magnifique voix que l' on a hâte d' entendre à nouveau. Pour tout savoir sur elle, voir des videos, écouter des morceaux, rendez-vous sur Free My Heart, un site complet.
23:00 Publié dans Soul | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques

























